Webzen Inc. – Pratiques commerciales trompeuses : Webzen doublement sanctionné par la FTC en Corée


Sous couvert d’informer aux joueurs, Webzen communiquait des données trompeuses aux acheteurs de ses loot boxes. Le studio coréen est condamné par la KFTC, qui acte aussi un principe de dédommagement aux joueurs lésés. 

MU Archangel

Les exploitants de jeux vidéo peuvent se montrer très inventifs en matière de modèles économiques, pour inciter les joueurs à dépenser. Parfois trop si l’on en croit la KFTC, l’agence coréenne en charge de la régulation des pratiques commerciales, qui vient de sanctionner Webzen à une amende de 158 millions de wons (de l’ordre de 93 000 euros).

Des taux de loots trompeurs

On le sait, la Corée du Sud a été l’un pays pionniers en matière de régulation des loot boxes, ces pochettes surprises virtuelles qui contiennent des objets aléatoires, tantôt des babioles (le plus souvent), tantôt des objets rares (plus rarement). La loi coréenne impose néanmoins une obligation de transparence aux exploitants de jeux, qui doivent donc informer les joueurs sur le pourcentage de chances qu’ils ont d’obtenir un objet.

Dans le MMORPG mobile MU Archangel, Webzen affichait effectivement ce pourcentage – les joueurs étaient bien informés qu’ils avaient entre 0,25 % et 1,16 % de chances d’obtenir un objet rare. Ce que Webzen ne mentionnait pas, c’est que ce pourcentage était le fruit d’un biais : le mécanisme était calibré pour empêcher les joueurs d’obtenir les récompenses rares tant qu’ils n’avaient pas obtenu chaque objet commun au moins 51 fois et pour un maximum de 150 fois par objet. En d’autres termes, les chances d’obtenir l’objet rare convoité était de 0% pour toutes les premières tentatives, avant d’augmenter sensiblement au gré des échecs. Seuls les plus persévérants (et dépensiers) avaient donc une chance d’obtenir l’objet rare. Selon la KFTC, le procédé était trompeur et de nature à induire les joueurs en erreur quant à leurs chances réelles. Webzen a donc été condamné.

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Et un défaut de dédommagement des joueurs

L’affaire ne s’arrête pas là. Il s’avère que Webzen a appliqué cette pratique entre juin 2020 et mars 2024, avant d’y renoncer de lui-même. Certains joueurs s’étaient néanmoins plaints des chances de loots et l’exploitant leur avait donc octroyé une compensation en dédommagement – pour 860 joueurs au total. Or selon la KFTC, quelque 20 226 joueurs ont été lésés par l’achat de ces loot boxes trafiquées. La KFTC dénonce donc l’absence de dédommagement pour une grande majorité des joueurs lésés et ce défaut de compensation est aussi jugé préjudiciable pour les joueurs. 

Selon les observateurs coréens, la décision de la KFTC en devient particulièrement notable : certes elle sanctionne la pratique trompeuse et interdit à Webzen de réactiver de tels mécanismes à l’avenir (avec l’obligation de mettre en place « des mesures spécifiques pour prévenir toute récidive », qui devront être présentées à la Commission), mais elle acte aussi que les exploitants ont vocation à dédommager les joueurs lésés, sous peine de sanctions financières. La décision ne vaut pas que pour l’avenir, elle vise aussi à réparer les préjudices passés. Gageons que les exploitants sud-coréens peu scrupuleux pourraient être amenés à réfléchir à deux fois quand ils envisagent de flirter avec les limites de la loi.



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