Un “tour du monde des papas” pour tout comprendre au congé paternité



Alors que le gouvernement français envisage d’allonger la durée du congé paternité, le sujet est aussi au cœur de l’actualité en Suisse, où une votation doit avoir lieu le 27 septembre. À cette occasion, le journal Le Temps a interrogé des pères au Japon, aux États-Unis, en Espagne et en Allemagne pour donner un aperçu des lois en vigueur ailleurs dans le monde.

“La Suisse est l’un des rares pays qui ne donnent pas droit au congé paternité, commence Le Temps. Selon un rapport de l’Unicef classant les quarante pays les plus riches en fonction du nombre de jours de congé accordés aux pères, la Suisse se trouve tout en bas de la liste, juste devant les États-Unis. Le 27 septembre 2020, cette question fera justement l’objet d’une votation populaire : les citoyens devront se prononcer pour ou contre un congé de deux semaines pour les pères, pendant lesquels ils toucheraient 80 % de leur salaire.

En France, il existe déjà un congé paternité d’une durée de quatorze jours (porté à dix-huit si plusieurs enfants naissent en même temps, et à trente en cas d’hospitalisation du nouveau-né). Le gouvernement envisage d’allonger sa durée à vingt-deux jours, en plus du congé de naissance obligatoire consécutif à l’accouchement, qui passerait de trois à six jours. Soit vingt-huit jours au total. C’est en tout cas la proposition qui a été présentée aux organisations syndicales et patronales vendredi 11 septembre. Mais qu’en est-il des autres pays ?

Un droit peu utilisé par les pères

C’est le Japon qui propose le congé paternité le plus long, explique Le Temps : les deux parents disposent d’un congé de douze mois, et ils sont payés “67 % de leur salaire durant les cent quatre-vingts premiers jours, puis 50 % pour le reste du congé”. Voilà pour la théorie. Parce qu’en pratique “rares sont les pères qui osent s’absenter du travail”, constate le journal. En 2017, seuls 5 % d’entre eux ont pris un congé paternité.

Au mois de janvier 2020, le ministre japonais de l’Environnement, Shinjiro Koizumi, âgé de 38 ans, est le premier à avoir annoncé son intention de prendre le sien : bien qu’il n’ait choisi de prendre que quatorze jours, l’annonce était symbolique dans un pays où l’immense majorité des pères ne profitent pas de leurs droits. Le père japonais interrogé par Le Temps a, quant à lui, préféré démissionner de son travail pour passer trois mois auprès de sa femme à la naissance de leur fils, plutôt que de prendre un congé paternité.

De l’autre côté du Pacifique, Justin Lukach, père d’une petite fille de 19 mois et interrogé par le quotidien de Lausanne, a pris seulement deux semaines de congé au moment de sa naissance. “Selon le département du Travail, sept hommes sur dix aux États-Unis ont pris moins de dix jours de congé après la naissance de leur enfant”, rappelle Le Temps, alors même que la loi autorise les deux parents à prendre douze semaines (non payées, mais en ayant la garantie de conserver leur emploi).

“Ton enfant n’aura plus jamais trois mois”

Du côté de l’Espagne, le père interrogé par Le Temps a pris un mois de congé paternité à la naissance de sa première fille, et deux mois à la naissance de la deuxième. Aujourd’hui, l’objectif du gouvernement espagnol “est d’accorder autant de jours au père qu’à la mère”, détaille le journal : en 2021, le congé paternité atteindra seize semaines (contre huit en 2019). Quant à l’Allemagne, elle offre deux types de congé aux parents : la première option permet à un couple de se partager douze mois de congé en étant payé à 65 %, avec un bonus de deux mois “si chaque individu prend au moins deux mois”. La seconde option accorde le double de temps – jusqu’à vingt-six mois –, avec une aide financière diminuée de moitié.

Le père allemand interviewé dans la vidéo explique avoir choisi la première option pour des raisons économiques. Lui qui avait pris deux mois de congé à la naissance de son premier enfant a choisi d’en prendre six à la naissance du deuxième : “Ça nous a permis de grandir ensemble. J’ai appris à le connaître, il a appris à me connaître.” Car, comme le souligne le père de famille espagnol, “ton enfant n’aura plus jamais trois mois !”





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