Qui sont les pasdarans, piliers du régime iranien ?

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Pourquoi cet article
Cette semaine, nous vous proposons de vous arrêter sur cet article tiré du quotidien libanais L’Orient-Le Jour, qui analyse la place qu’occupe le Corps des Gardiens de la révolution islamique en Iran.
Les élèves de première peuvent trouver un intérêt à comprendre le rôle de cette armée parallèle, car ce sujet s’inscrit dans deux thèmes de leur programme, ici complémentaires : dans celui sur la démocratie, mais aussi dans le dernier thème, consacré aux relations entre les États et la religion. En effet, même si le système politique iranien est officiellement une république, l’Iran est, depuis 1979, une théocratie, où le pouvoir est entre les mains des religieux et de leur bras armé, les Gardiens de la révolution islamique.
S’il ne fallait retenir qu’une citation
“Depuis quarante ans, les pasdarans forment le roc inébranlable de la République islamique.”
Les pasdarans, ou Gardiens de la révolution, sont une milice créée au moment de la révolution islamique de 1979 par l’ayatollah Khomeyni. Souvent qualifiée d’“armée idéologique”, elle avait pour but de défendre les institutions islamiques et de contrebalancer le pouvoir de l’armée régulière qui aurait pu favoriser le retour du chah (le monarque Mohammad Reza Pahlavi qui avait fui aux États-Unis). Ses combattants ont ensuite acquis un grand prestige pendant la guerre entre l’Iran et l’Irak (1980-1988).
Aujourd’hui le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) est devenu une institution centrale en Iran, garante de la stabilité du régime. Les 125 000 hommes qui le composent ont ainsi été au cœur de la féroce répression des manifestations de 2017, 2019 ou encore de 2022.
En plus de participer au jeu politique – Mahmoud Ahmadinejad, président de la République islamique de 2005 à 2013, est issu de leurs rangs –, les Gardiens ont une influence majeure dans les services de sécurité de l’État, la police et les renseignements, comme le rappelle l’article. Ils ont également construit un empire économique en investissant dans des secteurs stratégiques comme le pétrole, dont ils contrôlent 50 % des richesses.
Le CGRI fait cependant face à des défis majeurs, souligne la journaliste Amélie Zaccour. Face aux manifestations qui se multiplient, et vu l’âge avancé et la santé fragile du guide suprême – la plus haute autorité religieuse et politique du pays –, une mue du régime est probable. Si les religieux perdent de leur influence au sein de l’appareil de l’État, les pasdarans pourraient, eux, se retrouver propulsés au centre de la vie politique.
Mais la pression exercée par Israël et les États-Unis se fait de plus en plus ressentir dans leurs rangs. Ainsi, plusieurs hauts responsables des Gardiens ont été tués en 2020 et en 2025. De plus, devant l’ampleur de la répression exercée contre la population à la suite des manifestations de janvier, l’Union européenne a décidé, le 29 janvier, d’inscrire le CGRI sur sa liste des organisations terroristes, ce qui a pour effet de geler ses avoirs.
Pour aller plus loin
Pour en savoir plus sur les motivations des manifestants iraniens, nous vous proposons de consulter les liens suivants :
Et ce qu’il ne fallait pas rater non plus cette semaine
Nous vous proposons également cette revue de la presse européenne qui revient sur la volonté de la France d’interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans et l’utilisation du téléphone portable par les élèves dans l’enceinte des lycées. Cette question de l’hyperconnection est au cœur du numéro 1839 de Courrier international, intitulé “Se libérer du smartphone”. Ce sujet s’inscrit parfaitement en complément du thème de première sur les médias.