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Le Japon en proie à une deuxième vague de Covid-19



L’archipel est frappé de plein fouet par une deuxième vague de l’épidémie, alors que le gouvernement de Shinzo Abe venait de lancer une campagne de promotion du tourisme, provoquant des inquiétudes chez les autorités régionales.

Tel un raz-de-marée ayant rompu la digue, la pandémie de Covid-19 se répand de nouveau au Japon. Les bilans journaliers, qui ne dépassaient pas le seuil des 100 cas à Tokyo avant juillet, ont atteint un niveau record de 366 cas jeudi 23 juillet et ne redescendent plus sous la barre des 200. Dimanche 26 juillet, 239 cas ont été recensés, selon la chaîne publique NHK.

Chose inquiétante, ce nouveau pic ne concerne pas que la capitale japonaise. À Osaka, un nombre record de 149 personnes ont été testées positives vendredi, et le bilan a atteint 63 personnes le même jour dans la préfecture d’Aichi (centre du Japon), qui était restée relativement épargnée jusqu’à présent, a rapporté la chaîne de télévision japonaise TBS. Le 23 juillet, le nombre total de nouveaux patients recensés au niveau national a culminé à 981, en dépassant largement le record enregistré début avril lors de la première vague, soit 720 cas.

“J’invite encore une fois les Tokyoïtes à respecter les gestes sanitaires de base. Portez le masque, et ne parlez pas fort lorsque vous allez dîner dans un restaurant afin d’éviter l’infection par gouttelettes. Appliquez des mesures préventives autant que possible” a déclaré au micro de TV Asahi le 25 juillet la gouverneure de la capitale japonaise, Yuriko Koike. Les 24 et 25 étaient des fériés dans le pays, les Japonais ont eu un week-end de quatre jours. “J’appelle en particulier les personnes âgées et celles ayant des pathologies chroniques à éviter les sorties non-urgentes”, a-t-elle continué sur un ton grave. Actuellement, la ville teste jusqu’à 4 000 personnes par jour. Fait inquiétant, le taux de positivité au test PCR, qui était de 1,5 % début juin, monte dangereusement pour s’établir autour de 6 %.

Lancement mitigé pour la campagne Go To Travel

L’ironie de l’histoire, c’est que cette recrudescence de l’épidémie est tombée pile au jour du lancement de la mesure de promotion du tourisme du gouvernement, baptisé Go To Travel. Conçue pour sauver le secteur en agonie qui a vu la quasi-totalité des clients étrangers et la majorité des touristes japonais disparaître, elle consiste à défrayer la moitié des frais de voyage avec un plafond de 20 000 yens (161 euros) par nuit et personne. Cette mesure, qui a été lancée le 22 juillet, avait suscité des désarrois des gouverneurs de régions, effrayés à l’idée de voir les Tokyoïtes infectés venir propager l’épidémie chez eux. “S’ils visitent ici en masse, nos anciens ne vont plus se déplacer dans notre région” a maugréé Norihisa Satake, gouverneur de la préfecture d’Akita (nord du Japon) cité par le journal régional Kahoku Shimpo. Face à la pression des autorités régionales, le gouvernement a fait une marche arrière le 16 juillet en excluant les Tokyoïtes et les voyages dans la capitale de la mesure.

Risques politiques pour Shinzo Abe

Cette cacophonie risque de se traduire en une crise de confiance pour le gouvernement, accusé de laisser le virus se répandre sans prendre des mesures sanitaires restrictives depuis la levée de l’état d’urgence de fin mai. Le silence du Premier ministre Shinzo Abe, qui n’a pas pris de parole publiquement depuis la fin de la dernière session parlementaire de mi-juin, ne fait qu’aggraver ce climat de méfiance.

Confronté à la récente flambée des cas de Covid-19, il a tout de même déclaré le 24 juillet que “nous ne sommes pas dans une situation où il est nécessaire de re-déclarer l’état d’urgence, les choses se montrent différemment que la dernière fois”, a rapporté la HNK. “Ses propos ne sont pas rassurants tant qu’il ne donne pas de détails sur les capacités supplémentaires du système de santé et comment celui-ci est préparé” a fustigé Yukio Edano, président du Parti démocrate constitutionnel (PDC), la première formation d’opposition, cité également par la HNK.

Signe de la grogne qui couve dans la population, le taux d’impopularité du gouvernement s’établit à 50 % lors du dernier sondage réalisé par Asahi Shimbun. Seules 32 % des personnes interrogées disent apprécier la gestion de l’épidémie menée par le gouvernement, et 65 % d’entre elles jugent qu’“il est nécessaire de déclarer l’état d’urgence de nouveau”. Autre fait notable : deux personnes sur deux ont déclaré que le Premier ministre “ne fait pas valoir son leadership” pour contenir la progression de l’épidémie. Ce taux se monte à 47 % même au sein des sympathisants du Parti libéral-démocrate au pouvoir présidé par Shinzo Abe.

Yuta Yagishita





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