Delcy Rodríguez investie présidente “dans l’ombre de Trump”



“Au troisième jour sans Nicolás Maduro au pouvoir, le Venezuela s’est réveillé dans le silence, plongé dans un calme tendu au milieu de l’incertitude, témoin stupéfait d’une apparente normalité institutionnelle tentant à la hâte de combler le vide du pouvoir créé par l’arrestation spectaculaire de son président”, observe El País.

Et dans ce paysage “surréaliste”, la figure de la vice-présidente Delcy Rodríguez “a émergé, devenue du jour au lendemain la femme la plus importante du Venezuela dans l’ombre de Donald Trump”, ajoute le quotidien espagnol.

Lundi, alors même que Nicolás Maduro plaidait non coupable de narcoterrorisme à New York lors de sa première comparution devant la justice américaine, “Delcy Rodríguez, a pris la relève en tant que dirigeante intérimaire du Venezuela”, rapporte Folha de São Paulo. Et devant l’Assemblée nationale, elle a affiché “sa loyauté envers Maduro”, à coups d’anaphore, ajoute le quotidien brésilien.

“Rien ne change”

“Je suis profondément attristée par les souffrances infligées au peuple vénézuélien par une agression militaire illégitime contre notre patrie”, a-t-elle déclaré la main levée, selon Efecto Cocuyo. “Je suis profondément attristée par l’enlèvement de deux héros [Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores] qui sont retenus en otages aux États-Unis”.

“Je suis profondément attristée mais je dois dire aussi que je suis profondément honorée de prêter serment au nom de tous les Vénézuéliens”, a-t-elle ajouté, promettant “bonheur social, stabilité et sécurité politique” au pays.

El País souligne que Mme Rodríguez, âgée de 56 ans et pilier du régime chaviste, a prêté serment devant un Parlement “dominé par une écrasante majorité chaviste, élu lors d’élections entachées d’accusations de fraude”, et présidé par son propre frère, Jorge Rodríguez. “Tout change, et pourtant rien ne change”, ironise le journal madrilène.

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“Pour l’instant au moins”, Delcy Rodríguez bénéficie donc du “soutien des bastions chavistes au sein de son gouvernement et du président américain Donald Trump, qui a déclaré [ce week-end] qu’elle collaborerait avec Washington” pour “rendre sa grandeur au Venezuela”, relève Bloomberg.

Elle-même a adopté dimanche “un ton conciliant, invitant les États-Unis à coopérer avec son pays sur un programme de collaboration”, notamment dans le secteur pétrolier, tant convoité par Washington, rappelle le média économique.

Soutien du fils de Maduro

Si l’on ignore encore “combien de temps et comment Rodríguez gouvernera”, sa prestation de serment lundi relevait clairement “d’un rituel politique destiné à projeter l’image de continuité et d’unité du chavisme, ébranlé par les bouleversements de ces derniers jours”, analyse El País. Pour preuve, l’adoubement de Mme Rodríguez lors de la cérémonie par le fils de Nicolás Maduro, le député Nicolás Maduro Guerra – dit Nicolasito, le “petit Nicolas”.

“Delcy, tu as mon soutien et celui de ma famille dans ce défi immense que tu relèves. La nation est entre de bonnes mains”, a-t-il déclaré.

Pour Bloomberg, aucun doute, “le gouvernement vénézuélien reprend la main” à Caracas. L’agence craint même “une nouvelle vague de répression”, malgré l’appel, lundi, de l’infime opposition au Parlement à “libérer tous les prisonniers politiques”.

Elle cite deux témoins affirmant que lundi, pendant l’investiture de Mme Rodríguez, “des agents du contre-espionnage militaire vénézuélien patrouillaient dans les rues de Caracas”, alors que quatorze journalistes ont été arrêtés, avant d’être libérés dans la soirée.

Absence des opposants

Dans ce contexte, El País déplore “la grande absence, une fois de plus, des opposants en exil”, au premier rang desquels Maria Corina Machado, cheffe de l’opposition vénézuélienne et prix Nobel de la paix 2025, dont on ignore la localisation depuis qu’elle a fait le voyage à Oslo.

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Mais lundi soir, Mme Machado a accordé une interview à Fox News, semblant vouloir reprendre la main, deux jours après que Donald Trump a estimé qu’elle ne bénéficiait “ni du soutien ni du respect au sein de son pays” pour prendre la relève de Nicolás Maduro.

“Je prévois de retourner au Venezuela le plus vite possible”, a-t-elle déclaré, critiquant sans détour Delcy Rodríguez, “l’une des principales architectes de la torture” imputée au gouvernement de Caracas. Assurant pouvoir gagner “avec plus de 90 % des voix” en cas d’élections “libres et équitables”, elle a promis de faire du Venezuela “le centre énergétique des Amériques”, d’apporter “l’État de droit” et d’“ouvrir les marchés”.



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