Washington prévoit de contrôler la totalité du pétrole vénézuélien pour une durée “indéterminée”

C’est un “plan, qui, s’il aboutit, pourrait en pratique donner aux États‑Unis le contrôle de la majorité des réserves pétrolières de l’hémisphère occidental”, résume le Wall Street Journal.
L’administration Trump, qui a annoncé, mercredi 7 janvier, l’arraisonnement de deux pétroliers dont un battant pavillon russe, a affirmé qu’elle entendait “dicter” jusqu’à nouvel ordre les décisions des autorités du Venezuela, après avoir capturé Nicolas Maduro à Caracas.
Washington a précisé mercredi qu’il prévoyait notamment de prendre en charge la commercialisation du pétrole vénézuélien pour une durée “indéterminée”. Selon le Wall Street Journal, l’un des projets à l’étude prévoit notamment que les États-Unis exercent un certain contrôle sur la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA, en acquérant et en commercialisant la majeure partie de la production pétrolière de l’entreprise.
Le président américain Donald Trump a de son côté affirmé que le Venezuela n’achèterait que des produits fabriqués aux États-Unis avec les recettes du pétrole commercialisé par Washington, aux termes d’un accord passé avec Caracas.
Le Venezuela pourra également vendre son pétrole brut de manière indépendante, mais seulement si les États-Unis jugent ces transactions conformes à leurs intérêts de sécurité nationale, rapporte El País. “Nous contrôlons les ressources énergétiques et nous avons indiqué au régime qu’il était autorisé à vendre le pétrole brut tant que cela sert les intérêts nationaux américains. Dans le cas contraire, il ne pourra pas le vendre”, a précisé le vice-président JD Vance lors d’un entretien accordé à Fox News.
“Un dispositif sans précédent”
Pour le Washington Post, il s’agit d’“un dispositif sans précédent” Washington “ne laissant en substance” au Venezuela pas “d’autre choix que celui d’envoyer tout son pétrole” vers les États-Unis. La compagnie pétrolière publique du Venezuela a publié mercredi un communiqué confirmant qu’elle négocierait un accord avec les États‑Unis, souligne le quotidien américain. Mais le texte laisse entendre que l’accord n’a pas encore été conclu. “La Maison‑Blanche agit néanmoins comme si c’était le cas”, remarque le Post.
L’administration Trump fait toutefois face à “un défi de taille pour convaincre des entreprises” pétrolières américaines de “venir forer dans un pays politiquement et économiquement instable, qui les a déjà lésées par le passé en expropriant des actifs valant des milliards et en laissant ensuite les infrastructures pétrolières construites par les États-Unis se dégrader”, remarque le Washington Post.
Face à l’“état de délabrement” de l’industrie vénézuélienne, “augmenter la production nécessiterait des dizaines de milliards de dollars d’investissements de la part des entreprises américaines, et celles-ci pourraient hésiter à ouvrir leur portefeuille dans un contexte où les prix du pétrole sont bas”, analyse le Wall Street Journal. Le quotidien économique conservateur rappelle que “la seule grande compagnie pétrolière opérant sur place est Chevron, et que les nouveaux entrants manquent de relations, de personnel et de capacités logistiques pour démarrer efficacement”. Certains observateurs estiment qu’il “faudrait des années pour augmenter significativement la production dans le pays”, souligne le journal.
Désescalade avec la Colombie
Mercredi, les tensions entre Washington et un autre voisin régional des États-Unis sur le continent américain, la Colombie, ont semblé baisser d’un cran. Alors qu’ils s’invectivent depuis des mois par médias interposés, le président colombien Gustavo Petro et Donald Trump ont tenu leur tout premier entretien téléphonique. “Cet appel visait à désamorcer les tensions entre les États-Unis et la Colombie après une passe d’armes verbale entre Trump et Petro, qui avait inclus des menaces de recours à la force militaire”, rappelle Axios.
Le locataire de la Maison-Blanche a annoncé qu’il allait recevoir son homologue à la Maison-Blanche “dans un futur proche”. Le président Petro a appelé pour “expliquer la situation concernant les drogues et d’autres désaccords”, a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, soulignant qu’il avait “apprécié son ton”.