Washington assouplit ses sanctions contre Caracas après l’adoption d’une loi pétrolière favorable au privé
C’est “une nouvelle étape” dans “les efforts menés par Washington pour normaliser ses relations avec Caracas après l’éviction de l’autocrate vénézuélien Nicolás Maduro”, observe le quotidien conservateur américain The Wall Street Journal.
L’administration Trump a annoncé jeudi 29 janvier qu’elle allait assouplir certaines sanctions visant l’industrie pétrolière du pays et rouvrir l’espace aérien commercial au‑dessus du Venezuela.
Ces décisions sont intervenues juste après que l’Assemblée nationale vénézuélienne a “donné son vert aux capitaux étrangers pour exploiter son pétrole”, rapporte El País. Sous la pression des États-Unis, les députés ont approuvé jeudi une réforme de la loi sur les hydrocarbures qui doit ouvrir le secteur au privé et réduire les impôts, permettant la signature de contrats plus avantageux pour les entreprises. “Le débat sur cette loi a été rapide, comme l’exigeaient les États-Unis”, souligne le quotidien hispanophone.
Première exportation de gaz naturel “dans les prochaines heures”
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a salué jeudi un “bond historique”. “Nous effectuons des pas historiques […] J’ai reçu aujourd’hui un appel du président des États-Unis, Donald Trump, et de son secrétaire d’État, Marco Rubio”, a-t-elle lancé lors d’une manifestation pro pouvoir des employés du secteur pétrolier. Selon El Universal, la présidente par intérim a annoncé que la “première exportation de gaz naturel du Venezuela” aurait lieu “dans les prochaines heures” et qu’elle diffuserait une vidéo de la transaction.
La nouvelle loi adoptée jeudi “ouvre la voie à l’entrée de sociétés privées sur le marché pétrolier vénézuélien par le biais de contrats directs avec Petroleos de Venezuela (PDVSA) ”, la compagnie pétrolière d’État du pays, souligne El País. “Avant la réforme, les capitaux étrangers ne pouvaient participer à l’exploitation pétrolière vénézuélienne que par le biais de coentreprises dans lesquelles l’État – qui, durant les premières années du chavisme, avait promu le nationalisme pétrolier – conservait une participation majoritaire et le contrôle opérationnel”, rappelle le quotidien.
Des changements “insuffisants” pour attirer des investisseurs étrangers
Selon le texte sur les hydrocarbures adopté jeudi, les différents impôts qui existaient jusqu’ici vont être remplacés par une contribution unique maximale de 15 % ainsi que des redevances maximales (royalties) de 30 % des revenus bruts. Le but est d’avoir de la flexibilité : l’exécutif déterminera les taux d’imposition selon les projets. L’État peut ainsi baisser les impôts si un projet n’est pas aussi rentable que prévu ou a pris du retard, puis les augmenter quand celui-ci fonctionne bien.
Cette loi “profitera probablement aux entreprises déjà présentes au Venezuela, mais ne sera pas suffisante pour attirer de nouveaux investissements étrangers nécessaires à la relance d’une industrie pétrolière délabrée”, précise toutefois le Wall Street Journal.
“Ces changements sont importants, mais ne permettront pas de développer l’industrie pétrolière nationale”, concluent plusieurs experts consultés par le média vénézuélien Efecto Cocuyo. Ce qui doit “se produire tôt ou tard”, ont-ils souligné, “c’est l’adoption d’une nouvelle loi et la réinstitutionnalisation du pays”.