Sword and Fairy: Together Forever РTest de Sword and Fairy: Together Forever РUne aventure pleine de po̩sie


Septième épisode d’une série à succès en Chine, Sword and Fairy: Together Forever est pourtant seulement le deuxième épisode de la saga débutée en 1995 qui se paie le luxe d’une traduction en anglais, devenant de fait accessible au reste du monde. À l’image de Xuan Yuan Sword 7 sorti sur consoles l’année dernière, le titre cherche à conquérir un nouveau public en faisant évoluer sa formule, en passant notamment à l’action-RPG plutôt qu’au tour par tour, mais aussi en proposant une structure plus accessible en limitant au maximum ses liens narratifs avec les opus précédents. 

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À la recherche de créatures mythologiques

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Pourchassé par des démons, un enfant se retrouve face à Yue Qingshu, une femme qui voue sa vie aux arts martiaux et à la religion au sein du village de Pingxi. Protégé par Xiu Wu, l’incarnation d’une sorte de divinité, le gamin se trouve au milieu d’une lutte entre Dieux et Démons, dans un univers de fantasy qui mêle des considérations politiques et religieuses. Plus encore, c’est une fuite en avant qui attend nos héros, les deux précédemment cités, accompagnés plus tard par deux autres personnages jouables, qui doivent trouver un moyen de faire face à l’invasion de démons tout en essayant de comprendre ce qui leur a permis d’arriver sur terre. Les rebondissements sont nombreux, mais surtout les thématiques sont variées et le ton navigue entre drame et grandes scènes héroïques, avec même une certaine dimension romantique qui provoque bon nombre d’émotions. Pour pouvoir s’opposer aux démons, notre quête nous met aussi sur la voie de sortes d’esprits protecteurs, utilisés en combat (et qui donnent aussi des bonus passifs), dont la force est censée permettre de raviver une sorte de gigantesque dôme protecteur qui permet aux villes qui composent le monde de Sword and Fairy 7 de vivre paisiblement. Si l’ensemble fonctionne souvent bien, l’histoire est parfois difficile à suivre. Pas à cause de ses thèmes, mais parce que la forte dimension politique et religieuse du jeu mène souvent à des pavés de textes en sous-titres (intégralement en anglais), avec moult noms lâchés ici et là et des intervenants nombreux, à tel point que l’on finit par s’y perdre. Qui plus est avec une localisation qui conserve le côté très lyrique et métaphorique des dialogues, dont le sens n’est pas toujours simple à comprendre. Cela ne remet toutefois pas en cause la qualité de la localisation : difficile pour l’équipe chargée de traduire le jeu de l’adapter au marché occidental sans perdre le sens d’origine, mais aussi les spécificités d’une histoire qui en appelle plusieurs fois à la mythologie chinoise. En fin de compte, on comprend très bien le jeu, les dialogues ainsi que leurs tenants et aboutissants, mais il faut parfois s’accrocher et ne pas hésiter à explorer le codex avec tout ce qu’il permet d’apprendre sur les personnages.

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Des personnages toujours très attachants, notamment les quatre héros jouables aux personnalités marquées, en tête desquels Yue Qingshu, une femme qui voue sa vie aux arts martiaux et qui souffre de nombreux sacrifices au long de l’aventure, ainsi que ses partenaires, dont Xiu Wu qui souffre initialement de son aspect très détaché, alors qu’il se révèle plus sensible qu’au premier abord à mesure que l’histoire avance. Quant aux deux derniers, Bai Moqing et Sang Yo, ce sont deux personnages dont l’intérêt ne se révèle que tardivement, mais qui finissent par apporter une dimension très humaine à l’histoire. Et la narration fonctionne d’autant plus qu’elle sert un jeu au gameplay enchanteur. Action-RPG assez classique, tant dans la structure de ses quêtes que ses combats, c’est son dynamisme qui surprend avec un vrai plaisir au moment d’affronter des ennemis souvent bien pensés. Un dynamisme qui se traduit à la fois par son aspect visuel, que les sensations manette en main, avec des personnages qui répondent plutôt bien et des combats qui nécessitent de bien comprendre les attaques adverses pour les éviter et contre-attaquer. Les combats peuvent d’ailleurs être plutôt difficiles, nécessitant à la fois de bien connaître les ennemis, mais aussi de profiter de leurs faiblesses tout en exploitant les campements où l’on peut cuisiner pour bénéficier de bonus variés. Pour les personnes que cela intéresse, le titre propose tout de même un mode facile qui permet de se balader sur l’ensemble du jeu sans trop transpirer.

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Une étonnante beauté 

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Si le jeu n’est techniquement pas exceptionnel, souffrant d’un aliasing relativement présent, de textures en basse résolution (notamment au sol), d’animations des PNJ assez limitée ainsi que de quelques rares ralentissements, c’est sa direction artistique qui sauve les meubles et qui fait même mieux que ça : quelques passages sont sacrément impressionnants. Avec ses environnements très variés qui étonnent toujours par leur originalité, leurs couleurs chatoyantes et les ambiances si particulières qui s’en dégagent, Sword and Fairy : Together Forever a ce petit quelque chose qui charme et qui donne envie d’aller toujours plus loin. Si son monde est assez cloisonné, avec des cartes linéaires et du voyage rapide d’une ville à l’autre, il ne manque pas d’offrir un vrai petit sentiment de liberté chaque fois que l’on observe un nouveau monde, comme si l’on dépassait encore les limites d’un jeu dont l’ambition s’affirme au fil des heures. Il aurait peut-être gagné à offrir plus de liberté dans la progression de ses personnages, alors que chacun ne porte qu’un seul type d’arme, avec des compétences spéciales qui se débloquent par niveau et sans choix de notre part, mais le jeu arrive quand même à nous accrocher en renouvelant régulièrement les compétences mises à disposition pour faire évoluer ses combats. Évitant, de fait, la lassitude, dans un jeu qui mine de rien nécessite une bonne vingtaine d’heures pour en voir le bout.

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À cela s’ajoute une bande-son certes parfois rébarbative, mais qui ne manque pas de nous plonger dans un sentiment très poétique, où l’on se sent flotter et trimballer au gré des contes mythologiques racontés. Il y a quelque chose de très féérique qui est accentué par ses mondes qui semblent souvent irréels, notamment les sortes de villes-États qui appartiennent à chacune des branches religieuses que l’on doit rallier à notre cause. Il y a en outre un vrai bon point, c’est tout son contenu secondaire, avec des quêtes facultatives qui parviennent régulièrement à montrer un véritable intérêt narratif. Si leur structure est souvent paresseuse (vas-là, fais-ci, ramène ça), elles donnent souvent l’occasion de se plonger dans le quotidien des habitants des villes que l’on traverse rapidement avec la quête principale, permettant autant de les visiter en profondeur que de comprendre leur place au sein de l’univers du jeu. Ces quêtes donnent même parfois l’occasion au jeu de raconter des destins tragiques, comme tout l’arc des réfugiés réduits à l’esclavages du côté de la ville de Lulong ou même une histoire amour impossible du côté de Xianxia. J’ai pris un vrai plaisir à accomplir la quasi-totalité du contenu secondaire, ce qui est une bonne nouvelle pour un jeu dont l’univers est si vaste qu’il donne terriblement envie d’en voir encore plus.

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Conclusion

Classique dans sa structure, Sword and Fairy : Together Forever tire sa force de son originalité et de son univers enchanteur. Pas irréprochable, notamment à cause d’une histoire parfois difficile à suivre avec ses tartines de textes au ton alambiqué, le jeu accroche pour la beauté de quelques moments où l’émotion, la direction artistique et la douceur de son univers se mêlent tous ensemble et offrent une certaine grâce. Toujours agréable à jouer grâce à des combats au dynamisme saisissant, le titre offre une jolie aventure qui se parcoure avec un plaisir certain, loin certes des cadors de l’action-RPG, mais qui ne manque pas d’une ambition assumée. 

Test réalisé par Hachim0n sur PlayStation 5 à partir d’une version fournie par l’éditeur.



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