Star Ocean The Divine Force – Test de Star Ocean The Divine Force : la tête dans les étoiles, les pieds dans l’eau


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Il était une fois

Née en 1996 sur Super Nintendo, la licence Star Ocean n’est pas la plus populaire du genre J-RPG, mais grâce, entre autres, à un univers original mélangeant le médiéval fantastique à la science-fiction, à un système de combat plus dynamique et tactique ainsi qu’à la musique du maintenant très célèbre Motoi Sakuraba, Star Ocean a su se faire une place parmi les grands et susciter l’impatience à chaque annonce d’un nouvel épisode. Ou du moins, c’était le cas avant que les déceptions ne s’enchaînent. Si les trois premiers ont continuellement fait progresser la réputation de la licence, notamment suite à la fusion entre Squaresoft et Enix (éditeur originel), qui a permis au troisième de profiter d’une meilleure couverture médiatique, les sorties de route commencèrent avec Star Ocean The Last Hope. Sorti sur Xbox 360, ce qui n’avait pas manqué de faire jaser, il fut ensuite porté sur PlayStation 3 avec du contenu supplémentaire, histoire de rallumer l’incendie. Pas mauvais, le jeu souffrait surtout de l’écriture catastrophique de ses personnages, qui arboraient pour la première fois ce design poupées de porcelaine encore utilisé aujourd’hui, d’une traduction peu flatteuse et de performances instables surtout sur PlayStation 3. À contrario, le système de combat était excellent et le jeu proposait plusieurs planètes avec des environnements différents pour une durée de vie très honorable. Vint alors Star Ocean 5: Integrity and Faithlessness. Si le titre réussit probablement à perdre la moitié des joueurs, ses défauts eurent raison du reste. Durée de vie rachitique, aucun voyage dans l’espace – un comble pour un Star Ocean -, zones vides, les pires quêtes annexes possibles, des personnages peu inspirés. Tout respirait le demi-jeu auquel on avait volontairement ou non amputé un gros morceau du contenu prévu et seul le système de combat sauvait à nouveau le navire du naufrage total. Les retours furent sans appel et suite à cet échec, on pouvait raisonnablement se demander si la licence n’allait pas tout simplement disparaître. Et ce n’était malheureusement pas l’épisode mobile qui rassurerait avec une fermeture à peine plus d’un an après sa sortie. Square Enix semblait clair : la licence Star Ocean n’importait plus.

Toutefois, alors que plus personne ne s’attendait à entendre parler du space opera du J-RPG, une bande annonce réveilla tous les fans de leur long sommeil. Pour fêter les 25 ans de la licence, l’éditeur japonais annonçait l’arrivée d’un tout nouvel épisode nommé Star Ocean The Divine Force. Et nous voilà fin 2022 face à ce qui pourrait être le chant du cygne du studio japonais tri-Ace, dans la tourmente depuis plusieurs années suite à la succession d’échecs commerciaux, que l’on peut en partie imputer à Square Enix, et qui compte énormément sur le succès de ce jeu pour survivre.

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Un peu plus près des étoiles

Tout commence alors que le vaisseau de commerce Ydas de la planète indépendante Verguld est soudainement attaqué sans aucune raison apparente par un vaisseau de la Fédération. Raymond Lawrence, le capitaine, s’enfuit avec son équipage, mais plusieurs capsules dont la sienne et celle de Chloé, membre de son équipe rapprochée, s’écrasent sur Aster IV, une planète technologiquement au niveau médiéval. Seul sur un monde inconnu, il doit s’allier à Laeticia, princesse du royaume d’Aucerius, elle-même en mission au cœur d’une guerre contre l’Empire de Vey’l, afin de retrouver sa partenaire et quitter la planète. Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu et Raymond apprend rapidement que son vaisseau transporte un colis un peu spécial très convoité.

Ne nous voilons pas la face : le scénario de Star Ocean The Divine Force ne brille pas par son originalité et si le “colis très spécial” apporte un peu de piment dans une recette éculée, l’intrigue prend beaucoup trop de temps à se dévoiler, ce qui n’aide pas à plonger dans cette histoire longue d’une quarantaine d’heures. Il en va de même pour les personnages, caricaturaux au possible, qui passent leur temps à jacter, même quand c’est au détriment du gameplay. Il arrive en effet que les personnages se lancent dans des dialogues souvent humoristiques durant l’exploration en ville ou en extérieur et lorsque cela arrive, il est impossible d’entrer dans le menu, le bouton dédié mettant en pause la saynète. Et que dire de la mise en scène cheap ? Effet de flou de mise au point poussé à un niveau ridicule, champ de bataille où se frictionnent trois pelés et deux tondus, Star Ocean The Divine Force montre rapidement les limites de son budget et de l’intérêt que Square Enix porte à cette licence. Tout n’est pas à jeter cependant, et si l’originalité n’est pas son fort, il arrive néanmoins à proposer un ensemble cohérent, qui tient assez bien la route et réussit à donner le sentiment d’un jeu fini et complet au contraire de son prédécesseur. Si seulement le budget avait été à la hauteur de ses ambitions, car des ambitions, il n’en manque pas.

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Au tout début du jeu, tout comme dans Star Ocean The Second Story, il vous est proposé de choisir entre deux personnages pour suivre l’histoire : Raymond et Laeticia. Cela se traduit par quelques rares passages différents durant lesquels le groupe se sépare et chacun des deux protagonistes vit sa petite aventure. De plus, vous avez aussi droit à un personnage unique selon qui vous décidez de jouer. Vu le peu de changements que ce choix implique, il est peu probable qu’ils vous donnent envie de vous infliger plusieurs dizaines d’heures identiques pour une poignées d’instants inédits. Ajout sympathique malgré tout, il sert davantage à proposer la possibilité d’incarner un personnage masculin ou féminin, ce qui n’est pas un mal dans un genre vidéoludique qui a tendance à imposer des personnages masculins. En parlant de personnages, si ceux que vous rencontrez durant votre aventure sont effectivement caricaturaux, ils n’en restent pas moins attachants et on évite de peu les pires archétypes du genre. Cependant, ne vous attendez pas à être surpris, vous seriez déçu. Le guerrier au grand cœur, la princesse digne et déterminée, le garde du corps droit dans ses bottes, le vieux mage aigri, la jeune guérisseuse un peu naïve, la femme fatale exotique… Rien de nouveau caché sous le sapin. Si c’est malheureusement un point commun avec bien des J-RPG, ici les efforts pour bousculer un peu les habitudes sont réduits à peau de chagrin. Si toutefois le cœur vous en dit, et afin de déterminer la fin du jeu, The Divine Force vous permet de vous rapprocher des différents membres de votre groupe grâce aux Actions Privées. Similaires aux saynètes des Tales of, ce sont de cours dialogues mettant en scène un ou plusieurs de vos compagnons afin d’en apprendre un peu plus sur eux et leurs motivations.

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Pour finir, et c’est un souci qu’il a en commun avec son prédécesseur, l’espace est assez peu présent durant l’aventure. Ce n’est pas totalement mis de côté, mais ce n’est plus au cœur du jeu et seul le dernier tiers vous invite à voguer dans l’infini et au-delà. Enfin, pas trop non plus, n’imaginez pas que vous pouvez visiter plusieurs planètes comme dans Star Ocean The Last Hope ou Till The End of Time. Vraiment dommage d’avoir pratiquement tout misé sur une seule planète alors que la licence avait ce petit côté unique de nous faire voyager dans des mondes divers et variés. On pourrait me rétorquer que la planète en question offre de multiples environnements, mais l’originalité de la licence se faisait ailleurs : proposer différentes planètes, c’était aussi proposer de nombreuses influences historiques et futuristes avec leurs mœurs et technologies propres. Même si tout n’a pas été balayé d’un revers de la main, cela n’en reste pas moins une déception.

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Cette phase de deuil spatial acceptée, penchons-nous un peu plus sur Aster IV, où vous passez la majorité de votre temps. Si on peut reprocher bien des choses à tri-Ace, l’exploration n’en fait pas partie et jamais voyager n’a été aussi plaisant dans un Star Ocean. Pourquoi ? Parce que D.U.M.A., le petit robot volant. Module technologiquement très avancé, ce dernier a un grand impact sur le déroulement des combats, mais pas seulement. Grâce à lui, vous pouvez voler momentanément à travers les vastes zones pour en faire vos terrains de jeu à la recherche de trésors cachés ou simplement pour grandement accélérer le temps de trajet entre deux points, quand vous n’abusez pas du voyage instantané. Et cela ne s’arrête pas aux plaines, montagnes et déserts d’Aster IV, c’est aussi vrai pour les différentes villes regorgeant d’objets à collecter ou même les donjons. Un outil réellement indispensable, que vous pouvez améliorer au fil du temps en achetant des compétences de terrain et de combat grâce à une monnaie représentée par des cristaux à récupérer dans des exercices de voltiges parfois complexes. Parmi les compétences, vous avez la possibilité d’utiliser et d’améliorer un radar, très utile pour ne rater aucun coffre ou de vous rendre quasiment indétectable par les ennemis qui parcourent le monde. D.U.M.A. fait partie de ces mécaniques que l’on regrette lorsque l’on passe à un autre jeu tant elle devient indissociable du plaisir que l’on prend à fouiller chaque recoin d’une carte sans avoir besoin d’y passer un temps infini.

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Enfin, tri-Ace a ajouté un petit jeu dans le jeu, histoire que vous ayez toujours quelque chose à faire. Nommé Es’owa, il s’agit d’un jeu de plateau opposant deux personnes utilisant chacune un deck de figurines à l’effigie des différents personnages emblématiques de la licence Star Ocean. Chaque figurine possède sa puissance, représentée par un nombre, et un rôle que ce soit soldat, commandant, héros, etc. leur conférant une compétence. Elles peuvent s’obtenir en gagnant une rencontre d’Es’owa, en fouillant les zones du jeu ou en les créant directement grâce à l’artisanat. Lorsqu’une partie commence, vous et votre adversaire possédez le même nombre de points de vie et chacun votre tour, vous placez une figurine sur le plateau, qui active sa compétence. À chaque tour, les puissances de vos figurines s’additionnent et se soustraient à la barre de vie de votre adversaire. Le but ? Réduire cette barre de vie à 0. C’est simple, efficace et votre voyage vous fait rencontrer tout un tas de personnages de niveaux différents afin de ne pas rendre les confrontations trop faciles. Toutefois, il faut admettre que la simplicité des règles rend les rencontres assez anecdotiques, surtout quand vous commencez à créer vos propres figurines rares encore plus puissantes.

Virevolte, guerrier de l’espace

Mais passons à autre chose, car s’il y a un point sur lequel les Star Ocean font généralement consensus, c’est le système de combat. Prenant très tôt le pari d’un système plus dynamique, la licence fut l’une des premières à délaisser le tour par tour au profit de combats hybrides puis en temps réel lorsque la technologie fut accessible. Depuis, le studio tri-Ace s’évertue à proposer des mécaniques innovantes et à mettre en avant ses options tactiques comme le Blindside de The Last Hope, que l’on retrouve dans The Divine Force, ou encore les rôles de Integrity and Faithlessness, les combats sans chargement avec sept personnages, les bonus sur combos, les attaques spéciales etc. C’est un point sur lequel le studio japonais n’a jamais lésiné ses efforts et on était donc en droit d’attendre un niveau d’attention similaire pour The Divine Force.

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Dans les faits, on est plus sur une recette mi-figue mi-raisin. Si on retrouve bien cette volonté d’apporter quelques nouveautés, c’est malheureusement au détriment de la personnalisation de la stratégie. Dans les précédents épisodes, il était possible de déterminer le comportement de chaque personnage lors des combats, que ce soit en leur donnant un ordre individualisé, en leur attribuant un rôle bien défini ou en ajustant leurs statistiques selon les épisodes. Dans The Divine Force, toute cette personnalisation a totalement disparu pour ne conserver qu’un ordre unique pour tous les personnages parmi les trois suivants : attaquez le même ennemi, attaquez un ennemi différent, faites votre vie. Difficile de faire plus rachitique. Par chance, l’IA des compagnons se débrouille généralement assez bien, même si elle ne manque pas de nous étonner de temps en temps, quand elle ne se coince pas dans des éléments du décors (rare). Dans une moindre mesure, on peut aussi déplorer la réduction de la taille du groupe actif. Si Faithlessness and Integrity avait poussé jusqu’à sept combattants en même temps, The Divine Force revient en arrière avec juste quatre. Vous pouvez toujours passer de l’un à l’autre à la volée, mais avec dix personnages jouables durant toute l’aventure, on aurait bien aimé pouvoir combattre un groupe plus conséquent. Pas un défaut en soi, mais cela contribue à cette impression de rabotage.

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Pour les points positifs, on retrouve les coups spéciaux à lier aux boutons de la manette pour créer des chaines de combos de plus en plus longues et dévastatrices. Vous pouvez associer trois actions par bouton, qui s’enclenchent à la suite l’une de l’autre selon le nombre de fois où vous appuyez sur le dit bouton, et une quatrième qui s’enclenche sur un appui long. Parmi les actions associables, vous avez les compétences d’armes, les sorts et pour la première fois des objets, afin de vous faciliter la vie. Pour The Divine Force, les points de mana / magie disparaissent au profit d’une barre de PA (Points d’Action). Cette barre d’abord très réduite, qui se remplit automatiquement lorsque votre personnage n’agit plus, détermine le nombre d’actions que vous pouvez accomplir à la suite, et celle-ci n’augmente que si vous accomplissez certains prérequis en partie dépendants de D.U.M.A. Si ce dernier est très utile en exploration, il est au cœur des combats que ce soit pour vous déplacer rapidement grâce à l’Assaut Cinétique – ayant un effet différent pour chaque personnage -, ou encore en passant dans le dos des ennemis. En effet, si vous vous propulsez alors que vous ciblez un ennemi, vous avez la possibilité de rapidement changer de cap pour passer dans l’angle mort de tous ceux se trouvant sur votre chemin et ainsi lancer une Attaque-Éclair. Celle-ci fige tous les ennemis concernés, les rend plus vulnérables et débloque la barre de PA afin d’augmenter le nombre d’actions possibles. Très pratique, cette technique ne fonctionne malheureusement pas sur tous les ennemis, donc faites bien attention. Vous pouvez aussi débloquer la barre de PA en esquivant une attaque au bon moment, même si moins évident à placer lors des combats comportant beaucoup d’ennemis. Gardez toutefois à l’esprit que votre barre de PA diminue à nouveau si votre personnage prend des coups. De même, l’utilisation du D.U.M.A. n’est pas gratuite et dépend du remplissage de la jauge d’AC. Si celle-ci est vide, vous ne pouvez plus utiliser le module.

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Et l’intérêt du D.U.M.A. ne s’arrête pas là, puisque vous pouvez choisir d’une simple pression sur un bouton de modifier le comportement du module en sacrifiant l’Assaut Cinétique au profit de la Barrière d’Ester afin de protéger votre groupe. Enfin, il permet aussi d’utiliser les Techniques Ultimes, des attaques très puissantes et uniques pour chaque personnage, qui peuvent être déclenchées si la jauge placée sous la barre de vie de votre personnage est pleine. Cette dernière augmente au fil du temps et selon vos actions en combat.

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Pour en finir avec les combats, et si le besoin s’en fait sentir, vous avez la possibilité d’utiliser la pause active. Une première dans la série, dont l’utilité se limite à modifier l’ordre donné aux compagnons, à utiliser un objet ou à automatiquement soigner votre groupe via les objets de soin disponibles dans votre inventaire. Pas de quoi révolutionner la licence, mais ça a le mérite d’exister et de casser le rythme si jamais vous vous sentez débordé. Encore faut-il être débordés tant les combats sont faciles. Seuls les boss et les quelques ennemis spéciaux disséminés dans les différentes zones d’exploration représentent un certain challenge.

Make it your own

Autre nouveauté qui fait son apparition avec cet épisode : l’arbre de compétences. Auparavant, les compétences et autres passifs étaient obtenus au fur et à mesure de la prise de niveaux et vous n’aviez que peu de contrôle sur l’évolution d’un personnage. Avec The Divine Force, c’est tout le contraire et chacun d’entre eux possède son propre arbre afin que vous puissiez choisir quelles compétences privilégier, quels passifs visés, quels bonus de stats accumuler, etc. en les achetant avec les PC obtenus lors des passages de niveaux. Cependant, et si cela peut effectivement influencer votre manière de jouer sur les premières heures de jeu, vous constaterez que l’arbre se débloque très rapidement et qu’il vous faut à peine plus de la moitié du jeu pour acheter la majeure partie des tableaux. Attention toutefois à ne pas dépenser les PC sans compter, car s’ils servent à acheter les compétences, ils permettent aussi de les améliorer, même si dans les faits ce n’est utile que dans les niveaux de difficulté les plus élevés. Là encore, on peut ressentir les ambitions de tri-Ace, mais c’est une nouvelle fois un pétard à moitié mouillé qui en ressort, à mi-chemin entre la nouveauté pertinente et l’ajout gadget.

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Consolons-nous toutefois avec le retour du système de création, si cher à la série. À nouveau, vous pouvez passer des heures à confectionner des objets en tout genre pour équiper les membres de votre groupe ou refaire vos stocks d’objets de soin, de soutien ou d’attaque. Comme toujours, le catalogue d’objets est impressionnant et il peut facilement s’avérer addictif de confectionner ce qu’il y a de mieux, surtout lorsque l’on tente d’obtenir certains passifs sur les pièces d’équipement grâce à la synthèse. On regrettera tout de même qu’ici encore les développeurs aient raboté quelques options par rapports aux précédents épisodes tout en le rendant moins agréable à utiliser. Quant à ceux qui espèrent pouvoir casser le jeu via la création, énième tradition des Star Ocean, soyez rassurés : avec un peu de patience, vous pouvez booster votre groupe au niveau maximum avec quasiment les meilleures armes et armures dès la moitié du jeu. À ne surtout pas faire si vous souhaitez conserver un minimum de challenge durant votre partie, même en difficulté maximale.

Les ambitions et la réalité

Vous avez pu le constater au fil de votre lecture, tri-Ace n’a pas manqué d’ambition pour la réalisation de son jeu et c’est tout à son honneur tant le précédent épisode avait pu décevoir. Pourtant, on ne peut que constater que chaque nouveauté, chaque proposition, est entachée par un certain manque de finition et ce n’est malheureusement pas la technique qui va faire basculer la balance.

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Ayant pu tester le jeu sur PC et PlayStation 5, il s’avère que les deux versions sont touchées par des soucis de performances. Rien de vraiment rédhibitoire, mais ces fluctuations ont tendance à arriver lorsque l’on utilise fréquemment le D.U.M.A. pour se déplacer, ce qui laisse à penser que le jeu n’arrive pas à suivre le chargement des données au point de créer des goulots d’étranglement au niveau de la mémoire. Et ce n’est pas un problème matériel, puisque cela concerne aussi bien la PlayStation 5 qu’un PC haut de gamme. D’ailleurs, cette version PC est accablée par d’autres problèmes. Le tout premier, c’est cette obligation d’optimiser régulièrement les shaders. Si cela prend de moins en moins de temps au fil des optimisations, la première fois peut prendre entre 20 et 30 minutes pour une machine puissante à plusieurs heures d’après certains retours sur laptop. Et c’est quelque chose qu’il est fortement conseillé de relancer à chaque mise à jour des drivers de votre carte graphique pour préserver les performances et éviter des ralentissements de plus en plus présents si vous laissez trainer.

Pour ce qui est de l’aspect visuel, le jeu n’est pas désagréable à l’œil en 4K (ou 2160p pour les puristes), mais diminuer la résolution réduit énormément la qualité du rendu, bien plus que la normale. Déjà, la solution retenue d’anti aliasing impose un flou très prononcé alors combinée à une résolution de 1440p ou 1080p, vous obtenez une image baveuse, parfois illisible où toutes les textures perdent le peu de détails qu’elles possèdent. Car oui, techniquement, le jeu n’impressionne pas et si la direction artistique fait le job en proposant même quelques fulgurances dans certains panoramas, c’est un jeu globalement vieillot dans son rendu technique, même pour un budget réduit. De ce fait, si vous avez un écran 1080p ou 1440p ainsi qu’une carte graphique suffisamment puissante (RTX 3060 Ti ou AMD 6700 XT), activez le DSR (Dynamic Super Resolution) via les drivers Nvidia ou le VSR (Virtual Super Resolution) pour les drivers AMD. Cela vous permet de profiter de résolutions supérieures à celle native de votre écran, ce qui vous ouvre les portes de la 4K pour Star Ocean The Divine Force. Dans le cas où votre PC n’est pas capable de faire tourner le jeu à une telle résolution dans de bonnes conditions, mais que vous possédez une PlayStation 5, la question ne se pose pas : foncez sur la version console. N’ayant pas pu tester la version PlayStation 4, il est difficile de dire quelle version serait à privilégier pour jouer en 1080p, même si l’absence d’optimisation des shaders sur consoles peut s’avérer être un plus pour les impatients.

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Enfin, concernant les options graphiques disponibles sur les versions PlayStation 5 et PC, la première propose le mode “qualité d’image” en 4K native 30 images par seconde et un mode “taux de rafraîchissement” à 60 images par seconde, qui semble être en 1800p. La différence visuelle étant très faible pour ne pas dire imperceptible dans la majorité des situations, nous vous conseillons grandement le mode performance, bien plus confortable. Quant à la version PC, elle possède son lot d’options parmi lesquelles on retrouve l’anti aliasing (à diminuer au plus bas si vous jouer en 4K), la résolution graphique 3D (déterminant la résolution interne du jeu indépendamment de celle de votre écran), la qualité des textures, des ombres, des personnages, du brouillard, des environnements et décors, le niveau de détail, le flou lumineux (à désactiver aussi), la réflexion et l’occlusion ambiante. À cela, il faut ajouter le choix de la résolution, la synchronisation verticale, le choix entre 30 et 60 images par seconde, le mode plein écran ou fenêtré et le mode HDR, à éviter comme souvent sur PC, même si cela corrige la ridicule surexposition qui explose les yeux. On n’est pas encore au niveau des standards pour un jeu PC, mais c’est toujours mieux que la moyenne des jeux japonais. Dommage toutefois que le nombre d’images par seconde soit bloqué à 60.

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Comparaison PC avec et sans l’anti aliasing en 2160p.

Si la partie technique est déjà problématique, il en va de même pour l’interface. Toujours aussi stylisée pour renforcer l’effet science-fiction, son utilisation est catastrophique. Chaque menu est divisé en plein de sous-menus qui ne devraient même pas exister. Exemple concret : pour améliorer vos personnages, vous avez donc l’arbre de compétences et si vous avez bien tout lu jusqu’ici, vous savez que l’on peut améliorer ces compétences. Là, votre cerveau, qui a probablement déjà rencontré ce genre de cas, vous envoie probablement l’image d’un arbre où il suffit d’appuyer une seconde fois sur l’icône de la compétence pour en augmenter le niveau. Ce serait le plus logique et intuitif, non ? Eh bien, tri-Ace s’est dit qu’il était plus simple de revenir en arrière et d’aller dans un autre sous-menu. Et c’est pareil pour tout : vous voulez gérer vos figurines pour le jeu de plateau ? Il faut aller dans le menu collection où se trouvent le didacticiel, le glossaire ou encore le résumé de l’histoire. Toute l’interface est gangrénée d’incohérences. Par exemple, lorsque vous utilisez la synthèse dans le menu de création, il vous est possible d’utiliser les flèches gauche et droite de la croix directionnelle pour faire défiler plus rapidement la liste des objets, bien pratique vu la taille de la liste après quelques heures de jeu. Par contre, si vous souhaitez changer une partie de votre équipement, ce n’est plus possible et vous devez faire défiler les objets un par un, malgré la longue liste d’accessoires que vous accumulez notamment via la création. C’est incompréhensible.

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Finissons ce test sur un note plus positive avec le retour de Motoi Sakuraba à la musique. Après une bande originale très décevante pour Valkyrie Elysium, on pouvait craindre le pire pour son travail sur Star Ocean The Divine Force. Heureusement pour nos oreilles, la qualité est au rendez-vous et si on peut regretter l’absence de thèmes vraiment marquants, on retrouve la recette qui avait fait le succès musical des précédents opus.

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Conclusion

Star Ocean The Divine Force n’était peut-être pas le jeu le plus attendu de l’année et à dire vrai, son annonce fut une réelle surprise tant la licence semblait avoir été délaissée après l’échec de Star Ocean Integrity and Faithlessness et la fermeture prématurée de l’épisode mobile. C’était donc avec une certaine impatience que l’on guettait le retour de la licence en espérant que ce nouvel opus laverait les erreurs du passé pour repartir sur de bonnes bases. Malheureusement, le résultat est bien trop en demi-teinte pour faire l’unanimité. Si le jeu est plaisant à suivre malgré son manque d’originalité, si les combats apportent quelques nouveautés intéressantes et si l’exploration est plus que jamais mise en avant, il n’en reste pas moins décevant par son indéniable manque de finition, que ce soit sur le plan technique, les mécaniques ou l’interface. On ne peut nier la sincérité de tri-Ace et les ambitions sont palpables, mais elles sont freinées par un budget trop faible pour les concrétiser. Manque de confiance envers la licence, développeurs trop zélés, il est impossible de savoir ce qui a vraiment cloché dans la conception de The Divine Force, mais la finalité reste la même : un jeu plutôt moyen, oubliable, et un nouvel échec dans les ventes en devenant pour l’occasion le plus mauvais lancement de la licence au Japon. Espérons que tri-Ace y survivra.

Star Ocean The Divine Force est disponible sur PlayStation 4 et 5 pour 69,99€ et sur PC (Steam) pour 59,99€.

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Test réalisé par Lianai à partir des versions PC et PlayStation 5 fournies par l’éditeur.



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