Quand Pékin prétexte la protection de l’environnement pour conquérir des territoires

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Pourquoi cet article
Pékin cherche depuis longtemps à s’approprier un vaste territoire maritime en mer de Chine méridionale. Dernièrement, c’est par le biais de la protection des milieux marins que le pouvoir chinois tente d’asseoir ses revendications territoriales.
Cet article du quotidien singapourien The Straits Times revient sur la confrontation entre la Chine et les autres États riverains de la mer de Chine méridionale. Un sujet étudié en première dans le cadre du thème des frontières, et en terminale dans le thème des nouveaux espaces de conquête.
S’il ne fallait retenir qu’une citation
“Le contraste entre, d’une part, les pratiques agressives des navires chinois pour affirmer leur revendication sur la mer de Chine méridionale et, d’autre part, la rhétorique de Pékin sur la préservation de l’environnement est saisissant.”
Arguant d’une présence ancienne en mer de Chine méridionale, Pékin mène une politique agressive d’appropriation d’îlots, afin d’en revendiquer les zones économiques exclusives (ZEE) et d’en exploiter les ressources halieutiques ou en hydrocarbures. Une ZEE est un espace maritime qui s’étend jusqu’à 200 milles nautiques des côtes et qui permet à l’État côtier d’en exploiter les ressources naturelles.
Généralement, la Chine s’installe sur ces petits archipels et y engage des travaux de poldérisation pour en faire des bases avancées et en revendiquer la possession. Ces îlots qu’elle s’approprie en toute illégalité sont nommés de manière ironique la “grande muraille de sable”. Il s’agit tout à la fois pour la Chine de s’approprier les ressources maritimes de ces espaces, mais aussi de sécuriser ses voies maritimes vers l’océan Indien et le golfe Arabo-Persique.
Dernièrement, la Chine a utilisé l’argument environnemental pour justifier l’appropriation du récif de Scarborough aux dépens des Philippines. Manille a pourtant obtenu en 2016 de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye une condamnation de la théorie de la “ligne en neuf traits” dessinée par la Chine [qui démarque ses revendications maritimes], et une reconnaissance officielle que cette zone marine est en fait une zone de pêche traditionnelle partagée par plusieurs pays, dont la Chine et les Philippines.
Aujourd’hui, Pékin a décidé unilatéralement de faire du récif de Scarborough une réserve marine naturelle dont elle assume le contrôle. C’est assez ironique, souligne le Straits Times, car ce sont précisément les navires chinois qui ont dévasté la zone avec leur technique de pêche à l’aide de lames métalliques, destructrice pour les fonds marins.
On le voit bien, cette politique unilatérale de protection de l’environnement sert en fait de prétexte à la Chine pour s’approprier cet espace maritime que le droit international lui refuse.
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