l’Europe “tient tête” à Trump et prépare sa riposte



“Les ambassadeurs européens se sont réunis dimanche à Bruxelles pour discuter de l’opportunité de prendre des mesures de rétorsion contre Washington après la menace du président Donald Trump d’imposer des droits de douane à huit pays” s’ils continuaient à s’opposer à son projet d’annexion du Groenland, rapporte The Washington Post.

Le président américain a annoncé samedi qu’il appliquerait dès le 1er février des droits de douane de 10 % à toutes les marchandises en provenance du Danemark, de la Norvège, de la Suède, de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de la Finlande. Des taxes punitives qui seraient portées à 25 % le 1er juin et resteraient en vigueur jusqu’à ce qu’un accord soit conclu sur “l’acquisition complète et totale” du Groenland.

“L’ampleur de la réponse européenne constituera un test crucial pour ses diplomates, qui doivent concilier la nécessité de défendre la souveraineté européenne, gérer les relations délicates avec Washington et prendre en compte les pressions politiques et économiques internes”, observe le quotidien américain.

Après trois heures et demie de discussion, le président du Conseil européen, António Costa, a décidé que la question devait être traitée directement par les chefs d’État et de gouvernement et a donc convoqué un sommet extraordinaire, jeudi à Bruxelles.

“Point de rupture”

“L’Europe a compris que les hésitations transatlantiques appartiennent désormais au passé” et veut “tenir tête” aux États-Unis, affirme El País. “Cette nouvelle menace de Washington semble avoir été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la patience européenne”, alors que les capitales de l’UE dénoncent un “chantage” jugé “intolérable”, ajoute le quotidien.

Voir aussi  Visé par un “chorus antichinois”, Pékin assure qu’il apporte en fait des solutions

Les relations entre Washington et l’Europe “sont tendues depuis des mois, le président américain ayant soufflé le chaud et le froid sur son soutien à l’Ukraine, fait pression sur les pays de l’UE pour qu’ils acceptent un accord commercial déséquilibré et contraint les alliés de l’Otan à augmenter massivement leurs dépenses de défense”, rappelle Politico.

“Même au plus fort de ces tensions, les dirigeants de l’UE se sont abstenus de riposter, estimant que le risque de voir les États-Unis se retirer de l’Otan était plus important que les inconvénients d’un mauvais accord commercial”, souligne le site.

Mais la décision de Donald Trump d’imposer des droits de douane aux pays ayant manifesté leur soutien au Groenland “pousse les relations transatlantiques à un point de rupture” et les dirigeants de l’UE envisagent désormais “des mesures de représailles contre Washington, jusqu’alors impensables”.

“Guerre économique nucléaire”

Parmi les pistes explorées par les diplomates, la possibilité de “relancer un plan imposant des droits de douane sur des produits américains d’une valeur de 93 milliards d’euros, qui avait été suspendu après l’accord commercial conclu avec Trump l’été dernier” – un accord en péril, au vu de la situation actuelle, relève The Guardian.

Mais Emmanuel Macron, qui avait fustigé samedi des “menaces tarifaires inacceptables”, a exhorté dimanche ses homologues à aller beaucoup plus loin, et à “activer le puissant instrument anti-coercition de l’UE”, ajoute le quotidien britannique.

Qualifié de “bazooka” commercial à Bruxelles, cet instrument, “conçu pour contrer la Chine mais jamais utilisé à ce jour, permettrait de mettre en œuvre une série de mesures drastiques”, souligne La Stampa.

Voir aussi  Soupe Thaï (poulet, lait de coco et curry rouge) | Le Blog cuisine de Samar

Parmi ces mesures, “des restrictions à l’exportation de produits jugés essentiels pour les États-Unis, l’exclusion des entreprises américaines des marchés publics, des restrictions sur les marchés financiers, la limitation des investissements américains en Europe et la suspension des droits de propriété intellectuelle des géants de la tech”, précise le journal italien.

En résumé, un scénario de “guerre économique nucléaire” qui pourrait “provoquer une explosion des relations entre les États-Unis et l’Union européenne”, selon le quotidien.

“Désir de dialogue”

Mais comme l’explique Euronews, l’efficacité de cet outil réside surtout “dans son pouvoir de dissuasion. Une fois cette arme commerciale déployée, il est clair que l’UE est déterminée et prête à engager un bras de fer en utilisant le marché unique comme levier”.

Quelle que soit la riposte envisagée, il faudra que les 27 se mettent d’accord or The Guardian assure que “l’UE est encore loin de s’entendre sur des mesures de rétorsion contre Trump”.

“Pour l’instant, il n’est pas question de déployer l’instrument anti-coercition ni aucun autre instrument commercial contre les États-Unis”, a déclaré au quotidien un diplomate européen, pour qui “plusieurs sources ont souligné leur désir de dialogue avec les États-Unis”.

Une analyse partagée par The Washington Post, qui affirme qu’une “large majorité” des 27 préférerait “tenter de désamorcer la situation”.



Source link

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *