Les JO de Milan-Cortina s’ouvrent par une cérémonie “ultra-classique” mais “enthousiaste”
Les quelque deux milliards de personnes attendues devant leur écran vendredi soir se posaient “forcément cette question, brûlante comme la flamme de l’Olympe : comment les Italiens allaient-ils rivaliser avec la claque mondiale que fut la cérémonie des JO d’été en 2024 ?”, observe Le Soir.
La cérémonie d’ouverture des JO d’hiver de Milan-Cortina allait-elle pouvoir faire “oublier l’incontestable modernité de la proposition parisienne, qui a complètement dépoussiéré cet exercice obligé pour en faire un manifeste politique, inclusif, pop ?”.
Pour le quotidien, la réponse est non. “L’Italie n’a pas transcendé l’exercice comme à Paris” et “la grand-messe a rendu hommage au patrimoine de la Péninsule dans un raout sans surprise”, écrit le titre bruxellois.
“Choix rétro”
Variety n’est pas aussi sévère, jugeant que “même si la cérémonie de Milan n’a pas égalé celle de Paris en termes d’ampleur, elle a offert un accueil tout aussi enthousiaste au plus grand événement sportif du monde”.
“D’un numéro de danse rendant hommage aux œuvres du sculpteur Antonio Canova à une interprétation de l’emblématique aria de Puccini ‘Nessun dorma’ par le chanteur Andrea Bocelli, les producteurs de la cérémonie avaient choisi de mettre l’accent sur l’identité italienne tout au long de l’événement”, remarque le titre hollywoodien.
En définitive, la cérémonie – ou plutôt les cérémonies, puisque la fête était éclatée sur quatre sites – représentait “une Italie ultra-classique, rehaussée de touches élégantes et de choix rétro”, résume La Stampa.
Laura Pausini et Cecilia Bartoli
Le spectacle, réunissant 1 300 artistes et conçu par le directeur artistique Marco Balich, “qui a déjà mis en scène seize cérémonies de ce type”, souligne El País, a débuté à 20h et a duré trois heures et demie. Pour le quotidien espagnol, ce fut un long “voyage iconographique à travers les symboles de la culture italienne, de la dolce vita au café, en passant par la mode et l’art, incluant le poème ‘Infinito’ de Leopardi, et même une représentation des significations du fameux langage des mains italien”.
Le voyage “s’est achevé sur l’hymne national italien chanté par Laura Pausini”, après que la diva américaine Mariah Carey, robe blanche et avalanche de strass, a chanté “Nel Blu Dipinto Di Blu” – plus connue sous le titre de “Volare” – et que le pianiste chinois Lang Lang et la mezzo-soprano Cecilia Bartoli ont interprété l’hymne olympique.
Valentino Rossi conducteur de tramway
Le “Nessun Dorma” de “Turandot”, délivré par Andrea Bocelli – pâle écho de la prestation de Luciano Pavarotti dans le même air lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Turin 2006 – n’était pas la seule référence opératique, plus ou moins heureuse, de la soirée.
“Les trois grands compositeurs italiens Giuseppe Verdi, Gioacchino Rossini et Giacomo Puccini ont été mis à l’honneur tout au long de la cérémonie, par des danseurs portant des masques à leur effigie”, relève Blick. Un honneur tout relatif cependant, puisqu’ils ont “notamment dansé sur l’hymne des Jeux ‘Milano Cortina’, sur l’air de ‘Vamos a la playa’, tube de 1983 du duo italien Righeira”, observe le site suisse.
La Repubblica estime pour sa part que “la surprise” de la soirée était sans conteste la scène cocasse qui a vu le président de la République italienne Sergio Mattarella monter à bord d’un tramway, “l’un des symboles de Milan, pour se rendre au stade [San Siro] et assister à la cérémonie d’ouverture”. D’autant que le tramway était conduit par “un chauffeur exceptionnel” : le champion mythique de moto GP Valentino Rossi.
J.D. Vance hué
Si la joie collective était globalement de mise, “le bourdonnement des hélicoptères déchirant les cieux de la cité lombarde et la variabilité de l’applaudimètre au cours de la parade des athlètes n’ont pas manqué de rappeler l’état du monde”, note cependant Le Temps.
“L’entrée de la délégation ukrainienne a été chaleureusement ovationnée par le public tandis que les athlètes israéliens ont été hués”, remarque le titre suisse. “L’arrivée des Américains a dans un premier temps été reçue par une ovation conquérante avant que le vice-président J.D. Vance n’apparaisse sur l’écran géant, provoquant de larges huées au sein du public”.
Mais ce n’était pas suffisant pour “gâcher la fête”, assure le quotidien de Lausanne. “Au point culminant des cérémonies, Alberto Tomba et Deborah Compagnoni, deux légendes du ski italien, ont allumé la vasque olympique à Milan, tandis que la skieuse Sofia Goggia, qui participera à ces Jeux, a allumé la vasque à Cortina”, observe The New York Times.
Une première – jamais deux vasques n’avaient été allumées en même temps aux JO – qui a visiblement suscité l’émotion du Corriere della Sera, pour qui “la Flamme” est devenue “Harmonie, un langage universel qui unit les villes et les montagnes, les peuples et les générations, une invitation à l’espoir, à la Paix, au dialogue, une promesse qui continuera de briller même au-delà de ces Jeux olympiques”.