le rocambolesque thriller politique de Netflix divise la presse britannique
Lancée sur Netflix le 21 août, la minisérie Hostage déroule un imbroglio politique et diplomatique mettant en scène la présidente française, Vivienne Toussaint, incarnée par Julie Delpy, face à Suranne Jones dans le rôle d’Abigail Dalton, Première ministre britannique. Et “se succèdent cinq heures de divertissement génial et bien rythmé à travers le monde”, acclame The Guardian. Mais cinq heures “saupoudrés d’absurdités scénaristiques qui sont bien dures à avaler”, objecte The Daily Telegraph. C’est dire si les critiques outre-Manche divergent face au scénario rocambolesque de ce thriller, créé et écrit par le Britannique Matt Charman.
Tout commence donc par la visite à Londres de la cheffe d’État française, en pleine campagne pour sa réélection. Celle-ci tente de négocier des accords particulièrement sévères en matière d’immigration, tandis que son homologue britannique, dont le pays est en proie à une pénurie de médicaments et au marasme politique, tente de négocier des ravitaillements de produits pharmaceutiques avec la France.
Un brillant duo
Mais très vite, le scénario s’accélère : l’époux de la Première ministre est pris en otage en Guyane française, où il était en mission pour Médecins sans frontières. Le compte à rebours est lancé pour tenter de sauver l’équipe de l’ONG et de mettre au jour l’identité de ces ravisseurs qui vont très vite déstabiliser le Royaume-Uni sur son propre sol.
Alors oui, beaucoup de choses “ne font aucun sens”, selon le Telegraph, à commencer par cette idée que “les Français seraient les seuls pourvoyeurs de médicaments susceptibles de venir à la rescousse de notre NHS en souffrance” (le service de santé public du Royaume-Uni), ou bien encore ce “tableau un peu étrange” qui est brossé du système politique britannique, dont les partis et les courants restent très nébuleux.

Pour autant, le Guardian ne cache pas son plaisir devant l’aspect farfelu de l’intrigue, et surtout devant le duo de protagonistes : “Jones est Abigail Dalton, une femme politique pragmatique (dans le bon sens du terme, pas à la manière d’une Thatcher) devenue Première ministre ; Julie Delpy est Vivienne Toussaint, une présidente glaciale et stratège hors pair.”
Emporté par les péripéties toutes plus folles les unes que les autres, le journal applaudit “une histoire enthousiasmante, entraînante et captivante, qui offre à deux femmes d’un certain âge la possibilité rare de camper de vrais personnages et non de simples symboles”.
L’avantage à Julie Delpy
Ce que The Independent, plus mesuré, concède. Louant des actrices particulièrement brillantes, notamment Delpy, “qui vole la vedette lorsqu’il s’agit de dégager un charme plein de mystère et une royale froideur (elle est Française après tout)”.
Et en 2025, cela reste plaisant “de regarder ces femmes chics parader dans les couloirs du pouvoir, vêtues de manteaux et de tailleurs impeccablement coupés, incarnant à la perfection ces deux cheffes d’État qui échangent des sourires et des poignées de main glaciaux devant les caméras, chacune tentant de dominer l’autre”. Un plaisir légèrement gâché toutefois par une “intrigue parfois peu crédible”, notamment en ce qui concerne le manque de sécurité flagrante autour du 10 Downing Dtreet, la résidence de la Première ministre.
Alors, la série mérite-t-elle quand même le détour ? Eh bien, “si vous ne sourcillez pas à la moindre invraisemblance, alors Hostage saura sans doute vous divertir et faire monter votre adrénaline”, juge le Telegraph.