La mort de Miguel Uribe “replonge la Colombie dans un passé rempli de violence politique”



“Miguel Uribe Turbay est mort.” Victime d’un attentat à Bogota le 7 juin, ce sénateur de droite dure, possible candidat à la présidentielle de 2026 pour le parti Centro Democrático, était depuis dans le coma. Sa femme a annoncé son décès lundi 11 août 2025, dans un message publié sur Instagram. Une triste nouvelle aux conséquences imprévisibles, qui fait la une du quotidien conservateur El Tiempo.

Mort à 39 ans, Miguel Uribe Turbay était le petit-fils de l’ex-président libéral (1978-1982) Julio Cesar Turbay Ayala et le fils de Diana Turbay, présentatrice télé assassinée en 1991 alors qu’elle était retenue en otage par le cartel de Medellín.

Principal parti d’opposition au gouvernement de Gustavo Petro, le Centro Democrático pourrait bénéficier de l’émotion éveillée par cet assassinat, alors “qu’avant l’attentat le sénateur ne décollait pas dans les sondages”, rappelle la revue indépendante Cambio.

Fondateur du parti, l’ex-président (2002-2010) Álvaro Uribe – sans lien de parenté avec Miguel Uribe – vient précisément d’être condamné à douze ans d’assignation à résidence pour fraude procédurale et subornation de témoins, décision qui a provoqué le 7 août une manifestation de milliers de ses partisans contre ce qu’ils considèrent comme une persécution de la part du premier gouvernement de gauche de Colombie. L’ancien président n’a pas manqué de rendre hommage au sénateur : “Le mal détruit tout. Ils ont assassiné l’espoir”, a-t-il déclaré sur X depuis le ranch de Rionegro, où il est assigné à résidence.

Un groupe dissident des Farc soupçonné

“C’est un jour triste pour la démocratie. La violence ne peut continuer à marquer notre destinée”, a pour sa part déploré la vice-présidente Francia Márquez, reprise par le journal progressiste El Espectador, en référence au lourd passé de candidats présidentiels assassinés dans ce pays en proie à un conflit armé depuis les années 1960, malgré l’accord de paix historique signé en 2016 avec la guérilla communiste des Farc.

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“Son meurtre replonge la Colombie dans un passé rempli de violence politique et ouvre une période d’incertitude et de douleur dans le cadre de la campagne présidentielle de 2026”, avertit de son côté la revue de droite dure Semana.

Une inquiétude partagée par El Tiempo :

“Le fait que l’un des principaux leaders de l’opposition […] ait été facilement attaqué en plein cœur de la capitale de la République suscite des craintes encore plus grandes quant à ce que sera la campagne dans les régions, où […] les groupes armés irréguliers ont accru leur pouvoir au cours de ces trois dernières années.”

Selon la police, le principal suspect de l’assassinat de Miguel Uribe Turbay est un groupe dissident des Farc appelé Segunda Marquetalia, qui refuse toujours de se soumettre à l’accord de paix de 2016. C’est ce que laisseraient entrevoir les témoignages des six personnes capturées dans le cadre de l’enquête lancée après l’arrestation du tueur à gages de 14 ans qui a tiré trois balles sur le sénateur, le 7 juin.



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