Des arguments renouvelés pour les énergies renouvelables
[ad_1]
Miser sur le solaire et l’éolien est moins dommageable pour l’environnement et surtout pour le climat que de brûler des combustibles fossiles. Jusqu’à récemment encore, c’était l’argument phare pour défendre honnêtement les énergies renouvelables.
Seulement voilà, alors que la guerre menée par les États-Unis et Israël en Iran a bloqué dans le détroit d’Ormuz une grande partie des 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole qui y passe habituellement, faisant grimper le prix du brut de plus de 40 % en deux semaines, les choses changent. “Le vent et le soleil, eux, n’ont pas besoin de transiter par le détroit d’Ormuz”, ironise le Prix Nobel d’économie Paul Krugman.
Aujourd’hui, défendre les énergies renouvelables, c’est une question de pouvoir d’achat, c’est une question de sécurité énergétique, c’est défendre la souveraineté nationale.
“Les énergies renouvelables peuvent préserver les pays, et les particuliers, de la volatilité des prix des combustibles fossiles”, assure Fast Company. Les Américains commencent à le comprendre. En témoignent les demandes d’informations sur les panneaux photovoltaïques et les installations de batteries à domicile. Onze jours après le début de la guerre, elles avaient augmenté respectivement de 17 % et 23 %, selon EnergySage. “Quand les prix de l’énergie flambent, les consommateurs commencent à chercher des moyens de maîtriser leur facture”, analyse Naman Trivedi, directeur général de cette société américaine de comparaison en ligne des systèmes d’énergie propre. Pour Fast Company, c’est le signe que certains, aux États-Unis, prennent conscience qu’en dépit du retrait des renouvelables amorcé par le gouvernement Trump, ils peuvent réduire leur propre dépendance à de tels chocs des prix grâce aux panneaux solaires et aux véhicules électriques, devenus d’autant plus accessibles que le coût des cellules photovoltaïques et des batteries a dégringolé ces dernières années.
Et leur déploiement ne dépend pas que de particuliers qui cherchent à ménager leur portefeuille. Le cabinet BloombergNEF suggère que la guerre en Iran pourrait booster le secteur des renouvelables à bien plus large échelle. Le Royaume-Uni a par exemple annoncé le 15 mars qu’il allait avancer sa prochaine vente aux enchères annuelle consacrée aux énergies renouvelables, invitant les entreprises du secteur à investir.
Mais ne nous voilons pas la face. Les nations qui dépendent encore beaucoup du gaz naturel liquéfié et du pétrole vont continuer d’en acheter, en cherchant avant tout à changer de fournisseur. D’autres se tourneront vers le charbon, encore plus néfaste pour le climat. C’est le cas de Taïwan, par exemple, où les autorités ont évoqué la possibilité de redémarrer une centrale à charbon fermée. “Dans l’immédiat, les pays iront chercher des sources d’énergie là où ils le peuvent, avance dans The New York Times Kevin Book, directeur général de la société de recherche ClearView Energy Partners. Mais à plus long terme, c’est l’occasion de repenser leur politique énergétique.” Et s’ils tirent les leçons des conflits en cours, ils constateront que ceux qui ont misé sur les énergies propres sont ceux s’en sortent le mieux.
De là à voir en Trump un allié (bien malgré lui) de la cause climatique, il n’y a qu’un pas. Paul Krugman ose le franchir en conclusion de son post de blog : “Donald Trump, champion de l’énergie renouvelable ? Qui l’eût cru ?”
En bref
Des fuites de méthane évitables
Les plus grosses fuites de méthane de 2025 proviennent essentiellement de sites pétroliers et gaziers répartis dans le monde entier. Et c’est au Turkménistan que se trouvent 15 des 25 installations à l’origine des plus importantes d’entre elles, selon la liste établie par le Stop Methane Project de l’université de Californie à Los Angeles à partir de données satellitaires. Ce puissant gaz à effet de serre disparaît de l’atmosphère en une dizaine d’années, contre un siècle environ pour le CO2. Réduire les émissions de méthane, en particulier en évitant les fuites, équivaudrait donc à un “freinage d’urgence”, souligne The Guardian. Pour en savoir plus, c’est ici.
Le Portugal rapetisse
Environ 13 km2. C’est la surface de territoire engloutie par l’océan, au Portugal, depuis les années 1950. Le chiffre, communiqué par l’Agence portugaise de l’environnement (APA), représente l’équivalent de 1 380 terrains de football. “C’est un littoral qui existait autrefois et qui ne reviendra plus, déplore le journal Público. Il faudra l’accepter.” La succession des tempêtes en ce début d’année – Ingrid, Joseph, Kristin, Leonardo et Marta – a aggravé la situation. Pour restaurer la côte et protéger les populations, un plan de 174 millions d’euros vient d’être rendu public. Pour en savoir plus, c’est ici.
Sauvetage évolutif
Des chercheurs viennent de prouver l’existence dans la nature d’un mécanisme fascinant de “sauvetage évolutif”, explique New Scientist. Il a permis à la mimule cardinale de survivre à une mégasécheresse de plusieurs années. La plante à fleurs que l’on trouve sur la côte Ouest américaine s’en est sortie grâce à une modification rapide de ses gènes qui l’a rendue plus tolérante à la pénurie d’eau. Pour en savoir plus, c’est ici.
À relire
Vous venez de lire l’édition no 134 de Climatiques.
[ad_2]
Source link