Au Maroc, le collectif GenZ 212 revendique d’abord “le droit à une vie digne”

[Cet article est extrait du n° 1825 de Courrier international, “Portrait d’une jeunesse révoltée”, en kiosque du 23 au 29 octobre 2025.]
À Casablanca, les gens se retrouvent souvent sur la promenade qui longe l’océan Atlantique pour jouer au foot sur les vastes plages de sable qui la bordent. Il y règne aujourd’hui aussi une ambiance effervescente, mais pas pour les mêmes raisons. De jeunes leaders demandent aux groupes dispersés de s’approcher. Rapidement, le lieu s’anime. Les participants se rassemblent autour de l’estrade où se tiennent des orateurs. L’espace devient une agora, un lieu de discussion où sont réunies quelque 150 personnes.
C’est la première fois qu’Ibtisam et Ilham, deux travailleurs de 25 ans qui vivent à Casablanca, participent à un rassemblement organisé par le tout nouveau collectif. “On est venus revendiquer notre droit à une vie digne”, explique Ibtisam à Middle East Eye, montrant de la main les manifestants.
Bien que galvanisée par les slogans scandés à l’unisson, la foule reste calme. “On n’a pas peur, même si on sait que certains parents ont interdit à leurs enfants de venir par crainte que les choses ne dégénèrent”, ajoute Ilham.
Point de rupture
Les rassemblements du collectif GenZ 212, qui ont commencé le 27 septembre, ont d’abord pris de court les