Après l’Eurovision, la controverse autour de la participation d’Israël reste vive


“Après 19 mois d’une guerre acharnée à Gaza, tout ce qui touche à Israël semble être lié au conflit. Et avec Yuval Raphael, c’est on ne peut plus évident”, constate le quotidien dublinois The Irish Times. La chanteuse israélienne a terminé deuxième de l’Eurovision 2025, une édition remportée le 17 mai par l’Autriche.

Les paroles de sa chanson, New Day Will Rise, faisaient écho au 7 octobre 2023, “bien que les messages ouvertement politiques ne soient pas autorisés par les règles [du concours]”, précise le journal irlandais. Ce jour-là, rappelle The Irish Times, Yuval Raphael était au festival de musique Nova, “près de la frontière avec Gaza”, duquel elle a pu s’échapper après les attaques perpétrées par des militants du Hamas.

Yuval Raphael – New Day Will Rise (LIVE) | Israel 🇮🇱 | Grand Final | Eurovision 2025

À Bâle, en Suisse, sa prestation a été “plutôt bonne”, juge The Irish Times, si bien que l’artiste âgée de 24 ans a remporté le vote du public, se félicite The Times of Israel. “Cela ne veut pas dire que tous les téléspectateurs de l’Eurovision aiment Israël, tempère le quotidien de Jérusalem. Il est clair qu’il y a eu un effort concerté parmi les partisans pro-Israël pour obtenir des votes de ceux qui ne regardent traditionnellement pas l’émission.”

De plus, “la forte haine anti-Israël à l’égard de Raphael a aussi probablement alimenté le mécontentement de certains votants en Europe. Et peut-être que d’autres ont tout simplement beaucoup aimé la chanson”, développe le journal israélien.

“Quelques huées et autres perturbations”

Reste que, “pour la seconde année consécutive, la participation d’Israël a suscité la controverse”, signale Mark Weiss, le correspondant du Irish Times à Jérusalem. “Des témoins ont rapporté, samedi, que deux manifestants − un homme et une femme originaires des Pays-Bas − ont jeté de la peinture rouge et se sont mis à crier durant la prestation de Raphael. Des agents de sécurité les ont rapidement fait sortir de la salle”, affirme Ha’Aretz, quotidien israélien.

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“Quelques huées et autres perturbations” se sont également fait entendre lors des répétitions de Yuval Raphael, le 16 mai, et durant sa demi-finale, le 15 mai. Ha’Aretz ajoute que “des centaines de personnes” se sont réunies dans le centre de Bâle, avant la finale de samedi, “pour exprimer leur solidarité avec le peuple palestinien et pour s’opposer à la participation d’Israël au concours”. The Irish Times note toutefois que ces manifestations “étaient moins nombreuses et moins hostiles que celles de l’an passé, à Malmö, en Suède”, où se déroulait l’Eurovision 2024.

En Espagne, remarque le journal local El País, la “tension” est montée d’un cran lorsque, au moment de diffuser la finale du concours de 2025, la chaîne publique La 1 a fait apparaître un message “sur lequel on pouvait lire, en espagnol et en anglais : ‘S’agissant des droits de l’homme, le silence n’est pas une option. Paix et Justice pour la Palestine.’

La radiotélévision publique espagnole (RTVE), dont dépend La 1, a de ce fait défié l’Union européenne de radio-télévision (UER), qui l’a menacée d’“amendes punitives” si elle continuait à faire référence au conflit à Gaza à l’antenne, explique El País.

Le 15 mai, lors des demi-finales de l’Eurovision diffusées sur La 2, une autre chaîne du groupe RTVE, les commentateurs Tony Aguilar et Julia Varela avaient profité de la prestation d’Israël pour indiquer que la RTVE avait envoyé, en avril, une demande à l’UER “pour débattre de la participation de [l’État hébreu] au concours”. D’autres diffuseurs européens − slovènes, islandais et irlandais − ont fait de même, précise le quotidien de centre gauche.

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Les commentateurs espagnols avaient par ailleurs évoqué “les plus de 50 000 victimes civiles causées par les attaques à Gaza, dont plus de 15 000 sont des enfants, selon les données des Nations unies qu’ils ont mentionnés dans leur intervention”, détaille El País.

“Un cauchemar” évité

“Alors que l’on parle de plus en plus des efforts pour empêcher Israël de participer à l’Eurovision, c’est le gouvernement israélien lui-même qui pourrait mettre un terme aux 52 ans de participation de l’État hébreu au concours”, enchaîne The Times of Israel. Le quotidien rappelle en effet que des membres du Likoud, le parti du Premier ministre conservateur Benyamin Nétanyahou, “tentent toujours de faire passer une loi visant à fermer le radiodiffuseur public israélien, ce qui mettrait fin à l’adhésion d’Israël à [l’UER] et donc à son éligibilité [à l’Eurovision]”.

De son côté, le quotidien espagnol La Vanguardia est rassuré par la victoire de l’Autriche. Si Yuval Raphael, longtemps en tête durant le décompte des voix du public, l’avait emporté, la 70ᵉ édition de l’Eurovision, une compétition créée en 1956 “pour panser les plaies entre les pays européens après la Seconde Guerre mondiale”, aurait dû se dérouler en Israël. Célébrer le festival en territoire hébreu “dans de telles circonstances”, c’est-à-dire en plein “conflit sanglant à Gaza”, aurait été “un cauchemar pour l’UER”, estime le journal centriste.



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