The Wonderful 101 – Test de The Wonderful 101 Remastered – Unite come-back !


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C’est un fait, la Wii U a bidé. Mais ce n’est pas une raison pour jeter le bébé avec l’eau du bain : la console avait quelques exclusivités de qualité et il était dommage que peu de personnes aient pu en profiter. Nintendo l’a bien compris et s’est empressé de ressortir certains de ces titres sur la Switch : Mario Kart 8, Captain Toad: Treasure Tracker, Donkey Kong Country: Tropical Freeze… Platinium Games a ainsi pu donner une seconde vie à un de ses titres phares : Bayonetta 2. Mais il y en avait un autre, plébiscité par de nombreux joueurs, qui tardait à venir : The Wonderful 101. Et la nouvelle finit par arriver sous la forme d’une campagne Kickstarter : le jeu sortira sur la console de Nintendo, le public le veut-il aussi sur les autres supports ? Le succès de la campagne témoigne d’un gros « oui ».

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Tengen Toppa Wonderful 101

Par deux fois déjà, la Terre a connu une invasion extraterrestre. Et ils ont à chaque fois été repoussés, non sans plusieurs sacrifices. Pour combattre ces mystérieux GEATHJERK, le groupe Centinels a été créé : il s’agit d’un groupe de cent super-héros venus de tous les coins du Monde, possédant tous d’extraordinaires pouvoirs, redoutables quand ils s’unissent entre eux.

L’aventure débute alors que la classe de Will Wedgewood part en voyage scolaire. C’est à ce moment que les belliqueux envahisseurs lancent leur nouvelle offensive. La ville de Blossom City est ravagée par l’assaut et le bus scolaire est l’un des dommages collatéraux. Le professeur, qui s’avère être Wonder-Rouge, sauve ses élèves avant de partir s’occuper de la menace. Pour cela, il est tout d’abord accompagné de Wonder-Bleu, mais bien d’autres héros viennent en renfort.

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La narration puise allégrement ses inspirations dans le Super sentai (Bioman, Power Rangers…) : les héros principaux sont tous désignés par une couleur et ils doivent combattre des officiers adverses aux tailles plus ou moins extravagantes. L’histoire, riche en rebondissements, nous sert tour à tour des moments de bravoure, des drames, des alliés inattendus, des rivaux redoutables, des trahisons, des retrouvailles et autres retournements de situations. Le groupe doit également visiter toutes sortes de terrain et sauver la situation un peu partout.
Cependant, le jeu n’hésite pas à se moquer de ces codes et encore moins de lui-même. Le ton est très décalé, penchant souvent vers l’humour : un instant parfaitement sérieux est fréquemment désamorcé par un ressort comique ou une remarque cinglante. Platinium et Kamiya obligent, les personnages sont terriblement poseurs et l’action part très vite dans la démesure la plus totale. Pour rappel, le bonhomme est responsable de Devil May Cry, Viewtiful Joe et Bayonetta.
Si l’organisation comporte une centaine de héros, c’est sur une poignée d’entre eux que l’histoire se concentre (et encore, certains plus que d’autres), les autres étant surtout là en tant qu’unité (quasi) anonyme. D’autres personnages se joingnent à l’intrigue, mais on reste sur une dizaine de protagonistes principaux. Signalons la présence d’un Français dans l’équipe, plutôt loin du cliché habituel, mais toujours avec un accent bien exagéré.

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Wonderful ones, assemble !

La base du jeu est celle d’un beat’em all : il faut combattre au corps à corps des groupes d’ennemis à base de coups spéciaux et autres combos dévastateurs. La particularité est que le leader est suivi par une horde de héros. Oubliez Pikmin ou Overlord, c’est là la seule similarité avec ces titres. En effet, ces unités doivent s’unifier pour former une arme géante, la taille dépendant du nombre utilisé ; il peut s’agir d’un poing, d’une épée, d’un fouet ou même d’une arme à feu. Pour cela, il faut tracer une ligne à l’aide du stick droit, sa longueur étant équivalente à la puissance déployée. Les types de tracés se multiplient au fur et à mesure de l’aventure, alors que de nouveaux personnages rejoignent le combat.
Lorsqu’une ligne est tracée, le temps se fige un instant. Cela permet de prendre son temps pour un dessin correct, car il n’est quand même pas rare de se retrouver avec tout autre chose si on se précipite un peu trop. L’environnement peut parfois être pénible : dans les lieux un peu trop exigus ou avec des obstacles, la ligne est obstruée et cela empêche de produire l’attaque qu’on désire.

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Cette ligne peut également servir à enrôler des civils, à activer certains mécanismes ou encore à ouvrir de nouvelles voies. On réalise vite que le jeu est truffé de secrets, allant de la simple ressource de soin au combat facultatif, en passant par un nouveau héros ou un des objets à collectionner.
En plus des confrontations, le joueur rencontre quelques phases de QTE, mais ces dernières ne sont guère compliquées : il s’agit soit de tracer la ligne annoncée par le héros (et ce avec largement assez de temps) soit d’appuyer frénétiquement sur un unique bouton.

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Le jeu se découpe en plusieurs opérations, chacune quelque part sur le globe. Chaque opération est découpée en trois parties, la dernière étant bien souvent la longue confrontation contre le grand méchant du secteur. C’est entre chacune de ces parties qu’il faut utiliser les ressources récoltées pour acheter des objets, de nouvelles techniques, des coups supplémentaires, d’autres transformations ou des modules de bonus. Il y a le choix et ce ne sera pas évident de tout obtenir en un seul run.
Le gros de l’action consiste à combattre dans de larges couloirs ou dans des sortes d’arène. Néanmoins, le jeu multiplie également d’autres sortes de gameplay : piloter un engin, boxer un robot ou fuir une explosion de lave, par exemple. Les combats eux-mêmes peuvent être soumis à un handicap particulier ou se dérouler dans des conditions très particulières selon la situation. Cette multiplication des situations permet de renouveler sans cesse l’expérience.

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Diplomacy has failed !

The Wonderful 101 a indéniablement une quantité folle d’atouts. Mais, malheureusement, il y a également pléthore de défauts tapis dans l’ombre.

Dans sa version originale, le titre était réputé pour être avare en explication sur ses mécanismes et rien n’a été fait pour améliorer cela dans la version Remastered. Il y a bien les instructions de bases pour pouvoir contrôler son personnage et tracer les lignes, mais on comprend vite que le jeu est un peu plus complexe que ça : quand on s’acharne sur un ennemi et que ce dernier ne perd quasiment rien comme vie, il est vite évident que le malandrin doit cacher un point faible quelconque, une zone plus fragile qu’une autre ou une faiblesse face à une type de dégâts. Et si la faille en question est flagrante dans certains cas, ce n’est pas toujours évident de la dénicher ; il faut  s’armer de patience et expérimenter, jusqu’à trouver un truc qui fonctionne plus ou moins bien. Et quand le verdict du combat tombe avec une malheureuse médaille de plastique, on se doute bien qu’on a foiré quelque chose.
Il en va de même pour la défense. Si l’esquive fonctionne la plupart du temps, l’efficacité du mode défensif peut être assez variable. La réactivité de l’opération n’est pas non plus toujours au rendez-vous.

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La caméra a parfois un comportement déroutant. La plupart du temps, on voit le terrain de manière éloignée. Ça fonctionne très bien pour les combats, moins pour l’appréhension de l’espace lors des phases de plateforme.
Mais dans certaines situations, la caméra se rapproche très près de notre groupe. Et c’est alors l’horreur : sans vue d’ensemble, impossible de repérer la sortie et on se retrouve à errer et à longer les bords pour s’en sortir. Pis, les rares fois où on se retrouve en intérieur, c’est juste l’horreur absolue ; ce n’est pas parce que le jeu nous répète à chaque fois les commandes pour diriger la caméra que ça les rend plus ergonomiques !

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La difficulté du titre peut-être assez élevée. Sans chercher la médaille platine, il arrive régulièrement de mourir au combat. Il y a bien des objets pour redonner de la vie, mais ils ne sont pas aisés à utiliser (laisser appuyé la croix directionnelle un petit moment). Toutefois, l’action reprenant de suite où on est tombé et l’utilisation d’un objet flinguant de toute façon la performance parfaite pour une meilleure médaille, on finit par combattre jusqu’à la mort au lieu d’utiliser ces ressources.
Les combats peuvent être également compliqués à suivre : quand il faut affronter un adversaire blindé sur une structure qui a tendance à basculer tout en évitant divers tirs de laser, le tout noyé sous les divers effets provoqués par nos propres attaques, il est un peu difficile de s’y retrouver.
Cependant, si la difficulté est en effet corsée, surtout si on cherche à obtenir le meilleur score, il ne faut pas que ce soit un frein pour tenter l’expérience : des modes de difficultés facile et ultra-facile sont là pour profiter de l’incroyable histoire et de ses rocambolesques situations.

Envoyez-les dans la dimension parallèle !

La particularité de la Wii U était son gameplay asymétrique : l’action qui se déroule sur l’écran de TV est complétée par d’autres visuels sur l’écran de la large manette. Dans ce remaster, ce second écran peut apparaître dans le coin de l’écran principal à l’aide d’une touche de la manette. La plupart du temps, les informations affichées sont sans importance : composition de la masse de héros à disposition et quelques explications sur les bases du gameplay.
Quelques phases de jeu rendent toutefois son utilisation obligatoire ; dans ces situations, l’écran est automatiquement affiché. Et même s’il est de petite taille, l’action y est suffisamment claire pour progresser.
Néanmoins, s’il y a un aspect qui ressort mal de cet héritage, ce sont les différents menus. La navigation n’est pas tout le temps très claire, quitter un rayon du Wonderful Mart demande un nombre irraisonné de clics et l’option pour quitter une partie est plaquée au fond d’une série de sous écrans. L’ergonomie aurait mérité une refonte.
Puisqu’on en est aux legs de la version précédente, on a droit à un mini-jeu le temps du chargement dans lequel on peut frapper des ennemis. Cependant, le chargement est tellement rapide (en tout cas, pour la version Steam), qu’on a juste le temps de taper une ou deux fois avant de commencer la vraie partie.

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Graphiquement, le jeu tient tout à fait la route. Il y a bien quelques textures un peu baveuses lorsque les cinématiques zooment sur un personnage, mais c’est majoritairement propre. Précisons toutefois que des joueurs ont remonté quelques problèmes graphiques en 4K sur PC. Les musiques ont été réenregistrées à l’occasion et quelques morceaux sont bien entraînants.

Des modes de difficulté supplémentaires se débloquent en fin de partie. Si la chasse aux médailles ne suffit pas, il y a également 100 succès à débloquer (sauf sur Switch, bien sûr). Une option multijoueur local est disponible : jusqu’à quatre joueurs vont devoir coopérer pour défaire les ennemis sur une série d’arènes.

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The Wonderful 101 est d’une incroyable richesse ; son action se renouvelle sans cesse et empêche toute routine de s’installer. Son histoire se suit comme un sentai boosté avec une grosse dose de dérision. Il faudra par contre faire preuve de volonté pour dompter la bête, ses mécanismes n’étant pas évidentes au premier coup d’œil. Quant à cette version Remastered, si elle ne corrige pas les défauts de l’original, elle a le mérite de proposer cette gemme au plus grand nombre.

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Test réalisé sur PC par NeoGrifteR à partir d’une version fournie par un backer.



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