Sauver la nation – Retour sur les traces de premiers dirigeants du PCC l’tranger pendant leur jeunesse — Chine Informations


Alors que le Parti communiste chinois (PCC) clbre cette anne son centenaire, les traces laises par des fondateurs et des premiers dirigeants du PCC travers le monde dans leur qute d’une nouvelle Chine ont attir l’attention des historiens et des universitaires.

A partir de l’anne 1919, des milliers de jeunes Chinois sont arrivs en Europe occidentale et dans d’autres rgions d’Asie pour tudier tout en travaillant. Certains, inspirs par le marxisme, y crrent les premiers groupes du PCC dans les pays o ils se trouvaient et devinrent des pionniers de la renaissance de la Chine dans les dcennies qui suivirent.

MONTARGIS, FRANCE : UN DEBUT D’EMBRYON POUR LE PCC

Dans le centre-ville de Montargis, une petite ville situe environ 100 km au sud de Paris, une plaque pose dans le jardin Durzy affiche une photo de groupe en noir et blanc d’une douzaine d’tudiants chinois. Ils font partie de ceux qui participrent au “mouvement Travail-Etudes”, dans le cadre duquel des milliers de jeunes chinois progressistes furent envoys en France, o ils travaillrent dans des usines de Paris, Lyon et Montargis pour payer leurs tudes.

Parmi ces jeunes envoys Montargis se trouvait un jeune homme du nom de Deng Xiaoping, qui devint plus tard le dirigeant de la Chine et l’architecte en chef de la rforme et de l’ouverture du pays.

Du 6 au 10 juillet 1920, ces jeunes Chinois se runirent dans le jardin pour discuter des moyens de “transformer la Chine et le monde”, et l’ide de fonder un parti communiste en Chine surgit.

Selon Jean-Louis Rizzo, professeur d’histoire la retraite de Sciences Po, une universit de recherche base Paris, Cai Hesen, l’un des membres fondateurs du PCC et un ami de Mao Zedong, tait d’une importance particulire parmi ces tudiants.

“Les ides tires de ces discussions furent envoyes un ami de Cai, qui tait rest en Chine. Et cet ami, c’tait Mao”, a confi M. Rizzo Xinhua.

“Ils ont chang des lettres entre eux, se disant qu’ils taient d’accord avec cette thorie … Les ides de Montargis ont alors constitu un peu le ferment, l’embryon du PCC”, a-t-il not.

A des centaines de mtres du jardin Durzy se trouve une maison vieille d’environ 300 ans. Dans les annes 1920, certaines pices de la maison furent loues aux jeunes Chinois. Le btiment a depuis t transform en muse.

Au premier tage du muse, une prsentation sur Deng Xiaoping raconte aux visiteurs comment il arriva en France en octobre 1920, alors qu’il venait d’avoir 16 ans. Le futur dirigeant chinois s’installa Montargis et y travailla comme ouvrier dans l’usine de caoutchouc Hutchinson en fvrier 1922, lorsqu’il connut un tournant majeur de sa vie.

la suite de rencontres et de discussions avec ses pairs, Deng Xiaoping fut attir par le marxisme et dveloppa une meilleure comprhension du monde et de la Chine. Ds lors, il devint un fervent partisan du communisme.

GTTINGEN, ALLEMAGNE : UNE PATRIE TEMPORAIRE POUR L’UN DES FUTURS MARECHAUX DE L’ARME CHINOISE

La bibliothque de Gttingen, une ville historique du centre de l’Allemagne, abrite une srie de documents qui retracent la vie des tudiants chinois il y a une centaine d’annes.

Parmi ces tudiants se trouvait Zhu De, l’un des principaux fondateurs de la Rpublique populaire de Chine et le premier des dix marchaux de l’Arme populaire de libration (APL).

Parmi ces documents, une carte d’enregistrement jaunie par le temps porte l’criture de Zhu De, montrant qu’il se dclarait “Chinois”, “de la province du Sichuan,” tudiant “la sociologie, au dpartement de philosophie” et rsidant “Planckstrasse 3”.

Zhu De est n en 1886 et fut diplm de l’Acadmie militaire du Yunnan, dans le sud-ouest de la Chine. Il rejoint la Rvolution de 1911 qui renversa la dynastie Qing et participa aux guerres suivantes contre les seigneurs de guerre qui se multipliaient alors en Chine, avant de venir en Europe.

“Il n’tait dj plus jeune et avait pass de nombreuses annes dans l’arme. Il voulait largir sa vision ici, dans un pays occidental industrialis”, a expliqu Rolf Kohlstedt, historien aux Archives de la ville de Gttingen.

Sur une autre carte, le rapport d’enregistrement du mnage de Zhu De la police locale. Sur une photo de portrait portant un cachet, on voit le futur marchal, alors un homme de 36 ans en costume et aux yeux brillants. Sur la carte, il avait dclar qu’avant d’emmnager Gttingen, il tait “Wilmersdorf, Berlin”.

Selon des documents historiques, Zhu De a rencontr Zhou Enlai, un autre futur grand dirigeant du PCC, qui rsidait Wilmersdorf en 1922 et avait rejoint le PCC avec la conviction que le Parti tait pour la Chine, un pays alors dchir par la guerre et la pauvret et sous la coupe des imprialistes, le seul remde.

Dans la rue Planckstrasse, situe dans la partie est de Gttingen, se trouve une maison de deux tages en briques rouges o Zhu De aurait vcu pendant son sjour en Allemagne, et qui est toujours une attraction majeure pour les touristes chinois.

Pendant cette priode, a dclar Dagmar Yu-Dembski, ancienne directrice excutive de l’Institut Confucius de l’Universit libre de Berlin, citant les mmoires des amis et camarades de Zhu De et des documents historiques, le futur marchal obtint des informations importantes sur la pense stratgique militaire et les techniques de communication.

“Zhu De a particip au groupe de langue chinoise du Parti communiste allemand et tait un apprenant assidu, qui tait rgulirement prsent aux dbats hebdomadaires sur la thorie marxiste et les problmes des luttes politiques internationales en qute d’indpendance”, a ajout Mme Yu-Dembski, notant que “Zhu De a jou un rle actif dans les manifestations et les runions anti-imprialistes de l’poque”.

Pour Mei Duanmu, historienne l’Acadmie chinoise des sciences sociales, “ces reprsentants minents du mouvement travail-tudes ont jou un rle historique dans la future rvolution, le dveloppement et la rforme de la Chine”.

“Leur exprience de travail-tudes en Europe leur permit d’acqurir un regard lointain, une vision large et un coeur ouvert. Ce sont prcisment ces trois qualits extraordinaires qui les rendirent exceptionnels et firent d’eux les leaders de la rvolution, du Parti et du pays”, a-t-elle soulign.

TOKYO, JAPON : UNE VILLE TEMOIN DE LA LUTTE D’UN PIONNIER DU PCC POUR SAUVER LA CHINE

A l’hiver 1913, des milliers de kilomtres de l’Europe, un jeune Chinois du nom de Li Dazhao partit tudier au Japon et commena vivre Tokyo. En septembre 1914, il dbuta officiellement ses tudes d’conomie politique l’Universit Waseda.

Dans un livre crit par Hikotaro Ando, professeur honoraire l’Universit Waseda, figurent non seulement les relevs de notes de Li Dazhao, mais galement des listes dtailles des 11 matires qu’il tudia l’universit et leurs professeurs correspondants. “Par rapport aux autres tudiants japonais, les rsultats de de Li Dazhao taient plutt bons”, a comment M. Ando.

En janvier 1915, pendant la premire anne d’tudes de Li Dazhao l’Universit Waseda, le Premier ministre japonais d’alors Shigenobu Okuma et son gouvernement proposrent secrtement les “Vingt et une demandes” contre la Chine. Les jeunes Chinois qui tudiaient au Japon ragirent trs fermement l’incident, et Li Dazhao participa galement activement aux manifestations des tudiants.

Il refusa aussi de suivre les cours dispenss par Kazutami Ukita, un ardent dfenseur des “Vingt et une demandes”, et par quelques autres professeurs japonais, et publia des articles critiquant Kazutami Ukita et les autres.

Au printemps 1916, Li Dazhao, qui devint plus tard l’un des principaux fondateurs du PCC et un grand diffuseur du marxisme, crivit un article intitul “Jeunesse”, allumant au sein du peuple chinois une lueur d’espoir pour la construction d’une Chine plus forte.

En avril 1916, Li Dazhao, comme des centaines de jeunes Chinois tudiant au Japon, mit fin ses tudes au Japon et retourna en Chine.

En 1927, il sacrifia sa jeune vie dans sa poursuite du marxisme.

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