un site d’art rupestre aborigène inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco

Réuni jusqu’à dimanche à Paris pour sa 47e session élargie annuelle, le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco a ajouté vendredi à sa prestigieuse liste “le site de Murujuga, une zone d’art rupestre aborigène ancien” situé dans l’État d’Australie-Occidentale, rapporte ABC.
Le site “compte plus d’un million de pétroglyphes, dont certains datent de 50 000 ans”, précise la chaîne australienne. “Il abrite également la plus ancienne représentation au monde d’un visage humain”.
Le “Paysage culturel de Murujuga” est une zone rocheuse ancienne située au nord-ouest de l’Australie-Occidentale, comprenant la péninsule de Burrup et 42 îles de l’archipel de Dampier. “Pour les Ngarda-Ngarli — les cinq groupes linguistiques gardiens de Murujuga — et les peuples aborigènes du Pilbara, l’art rupestre est l’œuvre des esprits créateurs et un rappel permanent de l’ordre naturel des traditions”, observe le diffuseur australien.
“Signal clair” au gouvernement australien
Mais le site, qui s’étend sur près de 100 000 hectares, “abrite également d’importantes usines de gaz et d’engrais, qui ont été une source de controverses lors de la préparation de la décision”, souligne la chaîne. L’entreprise australienne Woodside Energy, notamment, exploite un complexe industriel dans la région.
Benjamin Smith, spécialiste de l’art rupestre à l’Université d’Australie-Occidentale, affirme que Murujuga est “probablement le site d’art rupestre le plus important au monde”, mais que l’activité minière entraîne sa “dégradation”.
Raelene Cooper, l’une des gardiennes traditionnelles de Murujuga, avait fait le voyage à Paris pour défendre l’inscription de la terre de ses ancêtres au patrimoine mondial. Pour elle, la décision de l’Unesco envoie “un signal clair au gouvernement australien et à Woodside : les choses doivent changer”.
Deux nouveaux sites africains
“L’inscription au patrimoine mondial de l’Unesco ne déclenche pas en soi la protection d’un site, mais peut contribuer à inciter les gouvernements nationaux à agir”, relève Al-Jazeera.
Parmi les autres sites distingués par vendredi par l’Unesco, figurent deux régions montagneuses africaines : “les Monts Mandara au Cameroun et le Mont Mulanje au Malawi”, précise la chaîne qatarie.
Le paysage Diy-Gid-Biy des Monts Mandara, dans l’extrême nord du Cameroun, abrite plusieurs sites archéologiques et la chaîne de montagnes dominée par le Mont Mulanje, dans le sud du Malawi, est considéré comme un lieu sacré peuplé de dieux, d’esprits et d’ancêtres.
L’Afrique est largement sous-représentée au Patrimoine mondial de l’Unesco. Elle n’abrite que 9 % des sites distingués par l’organiation onusienne pour l’éducation, la science et la culture.