Trump donne “le coup de grâce” à la lutte contre le changement climatique aux États-Unis



“La Maison Blanche rejette la science du climat et ouvre la porte à davantage de pollution”, se désole The Guardian. Donald Trump a abrogé jeudi le “constat de mise en danger”, un texte adopté en 2009 sous la présidence de Barack Obama, stipulant que “l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère met en péril la santé et le bien-être publics”.

C’est sur la base de ce texte que l’Agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) pouvait “limiter les émissions polluantes contribuant au réchauffement climatique provenant des véhicules, des centrales électriques et d’autres sources industrielles”, alors que “les transports constituent la principale source de pollution climatique aux États-Unis”, explique le quotidien britannique.

“Nous mettons officiellement fin à ce prétendu constat de dangerosité”, a claironné le président américain jeudi depuis la Maison-Blanche, qualifiant cette politique de “désastreuse”. Selon lui, ces réglementations n’avaient “rien à voir avec la santé publique” et “tout cela n’était qu’une escroquerie, une gigantesque escroquerie”.

“Guerre culturelle”

“Sous la direction d’un président qui qualifie le changement climatique de ‘canular’, l’administration affirme en substance que la grande majorité des scientifiques du monde entier se trompe et qu’une planète plus chaude ne constitue en rien une menace”, commente The New York Times.

Elle rejette ainsi “des faits acceptés pendant des décennies par des présidents des deux partis, notamment Richard Nixon, dont le principal conseiller avait mis en garde contre les dangers du changement climatique, et le premier président George Bush, signataire d’un traité international sur le climat”, souligne le quotidien new-yorkais.

Voir aussi  Le plus haut lgislateur chinois rencontre des invits trangers — Chine Informations

“Bien qu’attendue – Washington s’étant retiré de l’Accord de Paris une nouvelle fois avec le retour de Trump à la Maison-Blanche –, cette annonce constitue néanmoins un coup dur pour les efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique”, juge El País.

“Non seulement la décision de Trump bouleverse complètement les fondements de la réglementation climatique aux États-Unis, mais elle a également un impact sur l’industrie des véhicules électriques, secteur dans lequel le pays envisageait autrefois de rivaliser avec la Chine”, observe le quotidien espagnol.

En résumé, c’est bien d’un “coup de grâce” qu’il s’agit, et “la confirmation officielle du climatoscepticisme de l’administration Trump, un autre front dans sa vaste guerre culturelle”, écrit le titre madrilène.

Obama fustige la décision

Un avis partagé par The Washington Post, qui estime que l’annonce de jeudi “représente bien plus qu’un simple nouvel épisode dans la longue liste des reculs de Trump en matière de protection du climat et de l’environnement”.

“Elle marque plutôt l’aboutissement d’années d’efforts déployés par des groupes conservateurs et industriels pour saper le fondement même des réglementations fédérales limitant les gaz à effet de serre et pour empêcher les futures administrations de les rétablir après Trump”, analyse le journal américain.

L’ancien président Barack Obama, généralement peu disert sur l’actuel locataire de la Maison-Blanche, “a fustigé” la décision sur ses réseaux sociaux, selon USA Today.

Sans le texte “qui servait de base aux limites des émissions des véhicules et aux règles applicables aux centrales électriques”, écrit M. Obama sur X, “nous serons moins en sécurité, en moins bonne santé et moins à même de combattre le changement climatique – tout cela pour que l’industrie des énergies fossiles puisse gagner encore plus d’argent”.

Combat judiciaire

Mais la résistance s’organise : “Nous allons porter ce combat devant les tribunaux et nous allons gagner”, a déclaré à Politico Manish Bapna, président du Conseil de défense des ressources naturelles (NRDC), lors d’un rassemblement mercredi devant le siège de l’EPA.

Voir aussi  Nouilles chinoises aux crevettes au thermomix - de la cuisine chinoise.

Quant à Joe Goffman, qui dirigeait le bureau de la qualité de l’air de l’EPA sous l’administration Biden et a rédigé une grande partie des réglementations climatiques aujourd’hui abrogées, il a “raillé les arguments de l’administration Trump pour justifier la suppression de cette conclusion”.

“Demander aux Américains de croire que la pollution climatique ne représente plus un danger est, franchement, absurde”, déclare-t-il au site. “C’est d’autant plus absurde que cela nous demande de nier ce que nous voyons de nos propres yeux”.

Mais pour Jeff Holmstead, avocat spécialisé dans le droit de l’énergie et ancien haut responsable de l’EPA sous l’administration de George W. Bush, un combat devant les tribunaux est exactement ce que souhaite Donald Trump, qui espère bien voir le dossier atterrir in fine devant la Cour suprême, à majorité conservatrice.

Car si l’abrogation de la loi par l’administration Trump est “confirmée par les tribunaux, aucune agence de protection de l’environnement (EPA) ne pourra plus réglementer les émissions de dioxyde de carbone”, déclare-t-il à CNN. Il faudrait alors que le Congrès adopte “une nouvelle loi chargeant spécifiquement l’EPA de réglementer la pollution climatique, mais il existe peu de consensus bipartisan sur cette question”, relève-t-il.



Source link

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *