Téhéran accuse Washington de chercher un “prétexte” pour intervenir militairement



Alors que Donald Trump multiplie les encouragements à l’égard des manifestants iraniens, Téhéran accuse Washington de jeter de l’huile sur le feu, rapporte Al-Jazeera. “Face au ton de plus en plus belliqueux du président américain”, note la chaîne qatarie, la mission iranienne à l’ONU a estimé mardi 13 janvier que les États-Unis cherchaient un “prétexte” pour intervenir militairement en Iran.

L’envoyé iranien aux Nations unies, Amir Saeid Iravani, a adressé une lettre au Conseil de sécurité, exprimant son inquiétude face à la “rhétorique interventionniste” du président américain à l’égard de son pays. Selon lui, Trump “encourage explicitement la déstabilisation politique, incite et invite à la violence, et menace la souveraineté, l’intégrité territoriale et la sécurité nationale de la République islamique d’Iran”.

Un peu plus tôt mardi, le président américain avait encouragé les manifestants iraniens à poursuivre leur mouvement jusqu’à renverser les autorités, en promettant sur son réseau Truth Social que “l’aide était en route”, sans plus de précisions. Interrogé par un journaliste de la chaîne CBS sur de potentielles pendaisons de manifestants dès mercredi en Iran, Trump a assuré que les États-Unis agiraient “de manière très forte” si les autorités iraniennes commençaient à exécuter des personnes arrêtées.

“3 000 morts”, selon des responsables iraniens

De retour d’un voyage à Detroit, Trump a affirmé à des journalistes qu’il comptait obtenir des chiffres plus précis sur le nombre de morts, après une réunion prévue mardi soir avec des responsables de la Maison-Blanche.

Un haut responsable du ministère iranien de la Santé, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, a, lui, affirmé au New York Times qu’environ 3 000 personnes avaient été tuées à travers le pays. Ce bilan inclurait des centaines de membres des forces de sécurité, a-t-il précisé. Un autre responsable gouvernemental a confirmé qu’un rapport interne faisait état d’au moins 3 000 morts et que ce chiffre pourrait encore augmenter.

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“S’il est confirmé, ce bilan ferait partie des plus lourds enregistrés en Iran dans l’histoire récente”, observe le quotidien américain.

Un risque de fortes représailles en cas d’intervention

“Le risque de forte riposte iranienne et d’enlisement américain pourrait néanmoins dissuader Donald Trump” d’intervenir militairement contre l’Iran, estime Le Temps.

À l’heure actuelle, l’administration américaine “ne dispose tout simplement pas de moyens dans la région pour mener une frappe cinétique d’envergure sans risquer des représailles”, a affirmé une source proche du dossier au Washington Post. “Nous avons dû retirer une grande partie de nos moyens du Centcom [le commandement central qui supervise les forces américaines au Moyen-Orient], pour soutenir le Venezuela.”

“Nombre d’Iraniens seraient favorables à un ’accord diplomatique’ avec les États-Unis afin d’éviter la guerre et d’obtenir une levée des sanctions américaines, lesquelles ont saigné les classes moyenne et laborieuse iraniennes”, rappelle de son côté Le Temps.

Tentant d’accentuer un peu plus la pression sur Téhéran, Donald Trump a annoncé mardi des sanctions contre les partenaires commerciaux de l’Iran : des droits de douane de 25 % prenant effet “immédiatement”.

Alors que le pays reste privé d’internet depuis le 8 janvier, le système satellitaire de SpaceX Starlink, propriété d’Elon Musk, aurait par ailleurs commencé à distribuer gratuitement ses services aux Iraniens. La société a supprimé ses frais de service mardi matin, a indiqué au New York Times, Ahmad Ahmadian, directeur exécutif de Holistic Resilience, une organisation basée aux États-Unis qui aide les Iraniens à accéder au Web.



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