Sky People – Le modèle play-to-earn devant la justice sud-coréenne


Est-il possible d’exploiter un jeu play-to-earn en Corée du Sud malgré la législation locale ? Le studio Sky People a tenté sa chance devant les tribunaux… et n’a pas obtenu gain de cause. Son jeu Five Stars n’aura pas d’agrément. 

Five Stars

Ce 11 janvier, le studio Sky People donnait le coup d’envoi des préinscriptions de son dernier jeu en date, Five Stars: Horizon of Memory, avec le projet de le lancer sur plateformes mobiles ce 25 janvier. Five Stars a néanmoins la particularité d’adopter un modèle play-to-earn et un écosystème reposant sur des NFT – les objets et personnages du jeu peuvent être individualisés grâce à des NFT, afin d’être monétisés contre des crypto-actifs sur les marchés d’échanges. Le modèle n’est pas nouveau, mais généralement jugé contraire à la législation sud-coréenne, quand bien même elle est encore floue sur le sujet. Le développeur Sky People a donc tenté sa chance… et le lancement de Five Stars a été bloqué par la commission de régulation des jeux en Corée du Sud.

Plus précisément, pour être lancé en Corée du Sud, un jeu doit faire l’objet d’une classification (par l’équivalent du système PEGI européen). Au regard de son modèle play-to-earn, Five Stars n’a pas obtenu son agrément, entrainant alors le blocage de son lancement en Corée. Manifestement en désaccord avec la commission, le studio Sky People a saisi la justice sud-coréenne dans le but de faire annuler de ce refus d’agrément.

Une décision de justice lourde d’enjeux économiques

La décision des tribunaux de Séoul était attendue dans la mesure où elle revenait peu ou prou à juger de la validité des modèles play-to-earn en Corée. Et l’enjeu est de taille puisque nombre de studios sud-coréens misent actuellement sur ces modèles, mais en se contentant de les exploiter hors de Corée en attendant que la législation locale évolue ou en supprimant les composantes play-to-earn des versions locales des jeux. Manifestement il faudra encore patienter : le tribunal a rejeté la demande de Sky People et s’est donc rangé à l’avis de la Commission des jeux.

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Devant les juges, le développeur développait l’argumentaire classique des prometteurs des NFT dans les jeux : la commercialisation d’objets via NFT ne diffère pas de celle des objets virtuels qu’on trouve déjà les boutiques de jeux en ligne – ces objets ont une valeur d’achat dans les boutiques et il arrive que les joueurs les revendent sur le marché gris. Les juges ont néanmoins une lecture plus formelle des mécaniques play-to-earn : le tribunal a estimé que les NFT sont bien des « actifs spéculatifs » et ces actifs sont « intrinsèquement et étroitement intégrés aux mécaniques de jeu de Five Stars, encourageant ainsi un comportement spéculatif » chez les joueurs. Raison pour laquelle Five Stars ne relève pas du régime des jeux vidéo et ne peut donc pas obtenir de classification de la part de la commission.

Et sans doute pas définitive

Five Stars

Est-ce à dire que les jeux play-to-earn sont définitivement bannis en Corée du Sud ? Sans doute pas. D’abord, parce qu’il s’agit là d’une décision de première instance et le studio Sky People dit se réserver le droit de faire appel de la décision, et selon les juristes sud-coréens, tôt ou tard, la Cour suprême sud-coréenne sera saisi de la question. C’est seulement quand la plus haute juridiction se sera prononcée qu’on pourra réellement parler de jurisprudence opposable en la matière.

Ensuite et surtout, la décision de la commission des jeux s’appuie sur la loi actuellement en vigueur en Corée (adoptée à l’époque pour lutter contre la monétisation de jetons de jeux de fêtes foraines, accaparés par les mafias locales). Nombre de géants du jeu vidéo en Corée du Sud militent donc pour une évolution de la législation et les parlementaires sud-coréens pourraient finalement céder et accéder à cette demande, en adoptant une loi davantage au goût du jour et susceptible d’encadrer les modèles play-to-earn en Corée. Et si la législation évolue, la commission devra s’aligner. 

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