Netflix jette l’éponge au profit de Paramount



“Coup de théâtre”, tonne The Hollywood Reporter. “Netflix refuse de surenchérir sur son offre pour Warner Bros., désignant ainsi Paramount, la société de David Ellison, comme la grande gagnante de la bataille pour le studio mythique”.

Le géant du streaming a déclaré jeudi après-midi qu’il ne relèverait pas son offre pour contrer la proposition plus élevée formulée mardi par Paramount Skydance, un “rebondissement spectaculaire” dans la guerre de plus de cinq mois pour le contrôle de Warner Bros. Discovery (WBD), observe The New York Times.

“Cette transaction a toujours été ‘une belle opportunité’ au juste prix, et non ‘une nécessité’ à n’importe quel prix”, ont déclaré Ted Sarandos et Greg Peters, co-PDG de Netflix. “Au prix nécessaire pour s’aligner sur la dernière offre de Paramount Skydance, cette transaction n’est plus attractive financièrement”, a jugé le conseil d’administration.

Netflix avait conclu en décembre un accord de 83 milliards de dollars (70 milliards d’euros) “pour acquérir une part importante des activités de Warner Bros. Discovery, incluant [la chaîne de télévision payante] HBO et le studio de cinéma Warner Bros.”, rappelle The New York Times. “Cette acquisition devait consolider la position de Netflix, autrefois un acteur émergent du secteur du cinéma et du divertissement, comme le géant incontournable d’Hollywood”.

« Revirement soudain »

Mais mardi, Paramount Skydance a sensiblement amélioré son offre sur l’ensemble de WBD – chaînes câblées incluses, ce dont ne voulait pas Netflix –, valorisant le géant des médias à quelque 110 milliards de dollars (93 milliards d’euros). Jeudi, le conseil d’administration de WBD a jugé l’offre améliorée de Paramount Skydance “supérieure” à celle de son concurrent, continuant cependant à recommander aux actionnaires le mariage avec Netflix.

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Ce dernier avait encore quatre jours pour renchérir sur l’offre de son concurrent. Mais à la surprise générale, le streamer a rapidement fait savoir qu’il en resterait là.

“Le revirement soudain de Netflix, qui ambitionnait de s’implanter encore plus profondément dans le secteur traditionnel du cinéma et de la télévision, a stupéfié les professionnels d’Hollywood”, commente Variety. Et désormais, “la réalité de l’absorption imminente de Warner Bros., l’un des studios fondateurs d’Hollywood, et de HBO, pionnière de la télévision payante, par un autre studio historique, commence à s’installer dans les esprits”.

The Los Angeles Times remarque que l’action de Netflix avait chuté depuis que le streamer s’était porté acquéreur de WBD, et que son projet faisait face à “une résistance croissante” à Washington – deux éléments qui “semblent avoir contribué à l’abandon de son ambition”.

D’autant que “David Ellison, président de Paramount, et son père milliardaire [et fondateur d’Oracle] Larry Ellison, qui soutient l’opération, ont démontré leur ténacité et leur détermination à surpasser leurs concurrents”, ajoute le quotidien de la côte ouest. “Proche de Trump, Larry Ellison a également mis à profit ses liens étroits avec l’administration pour appuyer l’offre de Paramount et semer le doute sur les chances de Netflix”.

Démocratie « en péril »

Pour autant, “l’accord avec Paramount n’est pas encore acquis”, les autorités de régulation “américaines et européennes” devant encore “l’approuver formellement”, souligne The Hollywood Reporter. “D’ores et déjà, des responsables politiques se positionnent pour contester la fusion – la sénatrice Elizabeth Warren l’a qualifié jeudi de ‘désastre antitrust’ – et Ellison devrait être convoqué devant le Congrès pour en discuter”.

Sans compter “les aspects politiques de cet accord”, qui “ne manqueront pas d’être abordés”, augure le magazine professionnel hollywoodien.

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The Washington Post cite ainsi la position de Free Press, une organisation de défense des droits civiques, qui s’oppose à la fusion. “Cet accord met en péril notre démocratie en donnant à une famille de milliardaires complaisants un contrôle encore plus grand sur de vastes pans de notre couverture médiatique, de nos chaînes de télévision et de nos studios de cinéma”, écrit-elle.

Enfin, comme le souligne Variety, le coût social de la fusion pourrait être lourd pour une industrie déjà fragilisée : “Compte tenu du chevauchement important des activités de production et de programmation cinématographiques et télévisuelles [entre Paramount et Warner], le secteur se prépare à une nouvelle vague massive de suppressions d’emplois”.



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