Les mangroves, un barrage contre le Pacifique

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La semaine dernière, une étude parue dans Nature révélait que, la faute aux modèles, le niveau de la mer était en fait plus haut de 30 centimètres en moyenne que ce qu’on avait imaginé – jusqu’à 150 centimètres en Asie du Sud-Est et dans la région de l’Indo-Pacifique. Si vous vivez sur une île ou dans une zone qui sera victime de la hausse du niveau des mers dans le futur, cela signifie que ce funeste moment arrivera plus tôt que prévu.

De quoi susciter une farouche envie de savoir comment se débrouillent ceux qui sont menacés à court terme par la montée des eaux. Dans un article de New Scientist traduit sur notre site, la journaliste Katie McQue nous emmenait dans les États insulaires du Pacifique, où 10 millions de personnes sont dans cette situation. Là-bas, “la population privilégie les interventions naturelles pour protéger l’intégrité du trait de côte, notamment grâce à la reconstitution des mangroves, composées d’arbres et arbustes halophiles (qui tolèrent la présence de sel)”. Car la mangrove, cette forêt amphibie qui “ne semble appartenir ni à la terre, ni à la mer”, selon la description de l’écrivain-poète martiniquais Patrick Chamoiseau, constitue aujourd’hui le meilleur rempart contre les fureurs du climat, tempêtes et autres typhons, qui rongent le littoral.

Alors, à l’instar de ceux qui plantent des arbres pour contrer l’avancée du désert, on assiste, ici en Indonésie, là au Brésil ou encore dans le delta du Saloum, au Sénégal, comme le raconte Le Soir, à des opérations de plantation de palétuviers ou des initiatives de sauvegarde de ces forêts maritimes malmenées par la crevetticulture ou la déforestation.

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Outre cette protection, la mangrove est aussi un puits de carbone redoutablement efficace et un écosystème riche de biodiversité. Que ne ferait-on pas pour une forêt de palétuviers ?

Las, ce mouvement planétaire, qui a commencé il y a quelques années, se heurte à la réalité de terrain. Aux Tonga, “de nombreux jeunes arbres n’ont pas réussi à s’adapter aux nouveaux niveaux de salinité, tandis que d’autres ont été mangés par les oiseaux et les cochons”, décrit New Scientist. Et partout dans le monde, c’est le même constat d’échec dans 70 % des cas.

Déception (énorme) et frustration (évidente) mèneront-elles à une remise en question (légitime) ? Il ne le faudrait pas, car ces initiatives, autant que leurs échecs, sont étudiées par les scientifiques, qui ont fini par comprendre ce qui pèche.

“Le problème, ce n’est pas l’enthousiasme. C’est la mise en œuvre”, résume Mongabay, qui souligne le besoin de spécialistes de terrain.

“Il nous faut travailler avec des professionnels pour savoir, par exemple, à quel stade de croissance il vaut mieux planter les palétuviers cultivés en pépinière, de combien il faut les incliner au moment de la plantation, et s’il est préférable d’en mettre deux dans un trou, plutôt qu’un seul”, explique à New Scientist Mahé Charles, de l’Initiative Kiwa, un programme visant à renforcer la résistance des écosystèmes des îles du Pacifique au changement climatique.

Mais pour Mongabay, “le travail le plus important se déroule souvent après la plantation des jeunes pousses – et il nécessite des institutions prêtes à investir sur la patience, et pas seulement dans la plantation d’arbres”. Autrement dit, pour des mangroves en bonne santé, il faut penser à l’avenir : rémunérer les communautés pour planter des palétuviers, c’est bien ; assurer leurs revenus ensuite pour éviter le déboisement, c’est mieux.

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En bref

L’Afrique adopte la voiture électrique

L’état des routes et le coût des véhicules électriques sont certes un frein sur le continent, mais de plus en plus de pays, comme le Kenya, l’Éthiopie, le Maroc, le Rwanda, l’Égypte ou encore le Nigeria voient la production et les ventes de véhicules électriques s’accélérer. L’Éthiopie a adopté la mesure la plus radicale en interdisant l’importation de voitures thermiques. Le Kenya, déjà champion du tuk-tuk électrique, est passé de 1 378 immatriculations de véhicules électriques en 2022 à plus de 39 000 en 2025, note le site panafricain WeeTracker. Quant au Maroc, il a coiffé au poteau l’Afrique du Sud pour le titre de premier constructeur automobile du continent : “la fin d’une ère”, selon le site sud-africain My Broadband. Pour en savoir plus, c’est ici.

Le réchauffement s’accélère

Alors que la température mondiale a augmenté de manière constante de moins de 0,2 °C par décennie entre 1970 et 2015, ce rythme s’est accéléré pour atteindre environ 0,35 °C entre 2015 et 2025, selon une étude que vient de publier Geophysical Research Letters. “C’est la première preuve statistiquement significative d’une accélération du réchauffement mondial, d’après ses auteurs”, souligne Bloomberg. On ne sait pas encore si ce quasi-doublement du taux de réchauffement est transitoire ou non, et s’il concerne toute la planète ou seulement quelques régions. Pour en savoir plus, c’est ici.

Trop chaud pour sortir

Le nombre de jours où, dans le monde, la chaleur extrême “rend trop dangereux de promener le chien, de balayer le porche et de se livrer à d’autres activités courantes a doublé au cours des soixante-quinze dernières années”, relève Bloomberg, qui relaie une étude publiée par Environmental Research: Health. En moyenne, au cours de la période 1995-2024, la chaleur a fortement limité les activités en plein air praticables en toute sécurité par les personnes âgées de plus de 65 ans pendant environ neuf cents heures par an, contre six cents heures par an dans les années 1950-1979. Pour les jeunes adultes âgés de 18 à 40 ans, ce nombre est passé de vingt-cinq à cinquante heures. Pour en savoir plus, c’est ici.

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Vous venez de lire l’édition no 133 de Climatiques.

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