“la paix reste lointaine” après la rencontre entre Trump et Zelensky

Donald Trump a assuré, après sa rencontre avec Volodymyr Zelensky, qu’“une percée pour mettre fin à la guerre en Ukraine” était “de plus en plus proche”, même si “les discussions n’ont abouti à aucun progrès tangible sur un accord de paix”, note le Financial Times.
S’exprimant depuis son club de Mar-a-Lago en Floride, le président américain a déclaré avoir eu une discussion “excellente” avec son homologue ukrainien et fait état de “beaucoup de progrès” dans les négociations. Mais si les deux hommes se sont “mutuellement félicités” sur le perron de la résidence du milliardaire, “ils n’ont donné que peu de détails sur les points sur lesquels ils avaient progressé”, note le quotidien économique.
Après un déjeuner et une réunion de plus de trois heures, “les deux dirigeants se sont présentés devant la presse, adoptant un ton plutôt optimiste quoique prudent, ce qui, chez Trump, toujours si enclin à l’emphase, était pour le moins révélateur”, observe El País. “Concernant l’avancement des négociations, ils n’ont fait que des déclarations vagues”, ajoute le quotidien.
À l’unisson du locataire de la Maison-Blanche, le président ukrainien n’a pas manqué de saluer “les progrès réalisés par les équipes de travail américaines et ukrainiennes en vue d’une résolution assortie de garanties de sécurité, essentielles à l’instauration d’une paix durable”, témoigne The Kyiv Independent. Mais le site ukrainien constate lui aussi que la réunion s’est terminée “sans accord sur la manière dont la paix en Ukraine devrait être instaurée”.
“Entièrement d’accord” sur les garanties de sécurité
Donald Trump a bien évoqué “un ou deux” problèmes “non résolus” dans le plan en vingt points élaboré par l’Ukraine sur les bases du plan américain dévoilé il y a un mois, mais “sans les préciser”, rapporte The Washington Post.
Mais pour le quotidien, “l’un d’eux semble concerner l’avenir de la région du Donbass en Ukraine, largement occupée par les forces russes. Le mois dernier, l’Ukraine a rejeté la demande de la Russie de retirer ses troupes de certaines parties de la région afin de créer une zone démilitarisée”.
“Zelensky propose désormais que les deux parties se retirent de la région pour créer une zone franche sous la surveillance de troupes et d’observateurs internationaux”, précise le titre américain. “Je ne dirais pas que nous sommes parvenus à un accord” sur ce point, a commenté Donald Trump, “mais nous nous en rapprochons”,
En revanche, les États-Unis et l’Ukraine seraient “entièrement d’accord” sur “les garanties de sécurité contre toute agression russe future”, et il ne resterait que “quelques détails à finaliser concernant un plan économique pour la reconstruction du pays”, s’est félicité M. Zelensky.
“Apaiser” Donald Trump
Pour La Vanguardia, “la question territoriale demeure, pour l’instant, un obstacle insurmontable”. La Russie et l’Ukraine “se disent prêtes à la paix, mais il s’agit là d’une simple manœuvre pour apaiser le président américain”, juge le quotidien catalan. “Ni Poutine ni Zelensky ne souhaitent faire de concessions territoriales, et par conséquent, aucune négociation véritable n’est envisageable”.
Le New York Times estime plus généralement que le “principal obstacle” à la fin de la guerre est “la volonté ou non du président russe Vladimir Poutine de signer un accord-cadre de paix proposé par Kiev et les principaux négociateurs de M. Trump”. Or “rien n’indique que la Russie soit prête à négocier sérieusement”, a déclaré au quotidien Daniel Fried, un ancien diplomate américain.
Lors de sa conférence de presse commune avec M. Zelensky, le président américain a d’ailleurs précisé qu’il avait parlé avec M. Poutine au téléphone dans la matinée, sans révéler les détails de la conversation, note Público. “On sait seulement qu’un des points abordés concernait la remise en service de la centrale nucléaire de Zaporijjia, sous contrôle russe”.
Une fois n’est pas coutume, M. Trump en a profité pour faire “l’éloge de Poutine”, qui selon lui “travaille avec les Ukrainiens à sa réouverture” et “s’est montré très coopératif”.
Zelensky est reparti “bredouille”
Après leur rencontre, les deux dirigeants se sont également entretenus au téléphone avec les alliés européens de Kiev. “Il est primordial d’obtenir des garanties de sécurité inébranlables dès le premier jour”, a réaffirmé sur X la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à l’issue de la conversation, à laquelle participaient notamment les dirigeants français, finlandais, polonais, norvégien, italien, britannique et allemand.
Emmanuel Macron a précisé dans la nuit que les garanties de sécurité apportées à l’Ukraine feraient l’objet d’une réunion des alliés de Kiev début janvier à Paris.
Pour La Stampa cependant, “l’impression générale est que le président ukrainien est reparti bredouille” de Mar-a-Lago. “Peut-être a-t-il gagné du temps”, concède le quotidien italien, car Donald Trump “a exclu toute date butoir” pour trouver un accord. Mais “la guerre continue, les négociations aussi, et la paix reste lointaine”.