La condamnation de Marine Le Pen vue par les télés étrangères

“Tremblement de terre, onde de choc, séisme”, résume une journaliste de Radio Canada. Sur les plateaux télévisés étrangers, les hyperboles ne manquent pas pour qualifier la récente condamnation de Marine Le Pen. Poursuivie dans l’affaire des assistants parlementaires européens pour détournement de fonds publics, la présidente du Rassemblement national a été condamnée lundi 31 mars à une peine de quatre ans de prison, dont deux ans ferme et cinq ans d’inéligibilité, avec une exécution provisoire. En d’autres termes, pour l’instant, “elle ne peut pas se présenter à la présidentielle de 2027”, résume une journaliste espagnole de la RTVE.
Sur la chaîne britannique conservatrice GB News, la présentatrice souffle “Oh mon Dieu !” à l’annonce du verdict. Ce dernier a d’ailleurs été accueilli très sévèrement par plusieurs plateaux télévisés conservateurs du monde entier. “Faut-il y voir le ‘tout nouveau modèle européen de démocratie’ ? Tout porte à croire que les prétendues élites européennes ne veulent pas que les partis de droite accèdent au pouvoir”, affirme un reporter du Poland Daily News. Pour “preuve” ultime : le journaliste compare la situation de Marine Le Pen à celle de Calin Georgescu, figure d’extrême droite en Roumanie, exclu en mars dernier de la course à la présidentielle à la suite de soupçons d’ingérence russe en sa faveur.
Sur d’autres plateaux conservateurs, la cheffe de file du RN est présentée comme une sorte de victime d’un système antidémocratique. Selon un journaliste de l’émission The Daily T du Telegraph, “on a un pouvoir judiciaire qui met des bâtons dans les roues de quelqu’un qu’il ne veut pas voir arriver à la présidence”. Même son de cloche sur la version australienne de Sky News, où une présentatrice ouvre son journal en affirmant que cette affaire “suscite de vives inquiétudes autour de l’état de la démocratie” en France.
Les réactions dans les rangs du Rassemblement national étaient, elles, “courues [d’avance]”, analyse la correspondante de la RTBF à Paris : “Jordan Bardella a tout de suite réagi en dénonçant cette décision avec beaucoup de virulence.” Interrogée par Radio Canada, une juriste qualifie d’ailleurs l’attitude du RN, et en particulier celle de Marine Le Pen lors de son passage sur TF1 lundi soir, de “disproportionnée et mélodramatique”, avant de rappeler que cette décision “a été très difficile pour les juges”.