En Tunisie, le procès pour “complot” contre l’État débouche sur de lourdes peines

Cette sentence n’est que le “dernier signe en date de l’aggravation de la répression dans ce qui était autrefois la quasi seule démocratie arabe”, déplore The New York Times. En Tunisie, un tribunal a prononcé de “lourdes peines” allant de 13 à 66 ans d’emprisonnement à l’encontre de plusieurs figures de l’opposition au régime du président Kaïs Saïed, rapporte, le 19 avril, le site d’information britannique Middle East Eye.
L’agence de presse officielle tunisienne TAP précise de son côté que “parmi les condamnés se trouvent des personnalités politiques, des avocats, des hommes d’affaires dont certains sont emprisonnés depuis leur arrestation il y a deux ans et d’autres en liberté [puisqu’ils ont fui le pays]”.
Elle ajoute que ces accusés ont été jugés coupables à divers degrés de “complot contre la sûreté de l’État” et pour “adhésion à un groupe terroriste”. Les condamnés “ont le droit de faire appel”, complète Middle East Eye.
Un régime autoritaire et répressif
Le procès a été “dénoncé par des organisations de défense des droits”, relate le portail d’information établi à Londres, tandis que l’opposition l’a considéré comme “fabriqué de toutes pièces” et comme “un symbole du régime autoritaire de Saïed”.
Le 18 avril, les avocats de la défense avaient protesté après que le juge eut terminé de lire l’acte d’accusation et mis sa décision en délibération, sans entendre ni réquisitoire ni plaidoirie de la défense, relate la chaîne panarabe Al-Jazeera.
La Tunisie “a été le berceau des soulèvements du Printemps arabe” à partir de décembre 2010, se souvient The New York Times, “mais le pays ne cesse de retomber dans l’autoritarisme et la répression depuis que le président Kaïs Saïed a instauré un pouvoir personnel en 2021”, s’alarme la journaliste Vivian Yee, en charge de l’actualité nord-africaine dans le quotidien américain.
Depuis lors, constate-t-elle, “journalistes, militants, avocats et associations de défense des droits affirment que les médias ont été largement muselés et que le pouvoir judiciaire, autrefois indépendant, a été contraint d’appliquer la volonté de Saïed”.