Émotion mondiale après le massacre antisémite de Bondi Beach en Australie



“Jusqu’ici, le nom de Bondi Beach résonnait mondialement comme l’évocation d’une certaine façon de vivre à l’australienne, à base de soleil, de surf et de sable blanc”, observe Le Soir.

Mais “depuis ce dimanche et pour longtemps, le souvenir de cette plage iconique de Sydney restera surtout marqué par l’attentat ayant fait seize morts (dont l’un des tireurs) et une quarantaine de blessés, selon le dernier décompte officiel, perpétré par deux terroristes, un père de 50 ans et son fils de 24 ans, lourdement armés”, écrit le quotidien bruxellois.

Lundi matin, les drapeaux étaient en berne à travers l’Australie, alors que les dirigeant du monde entier envoyaient leurs messages de soutien au pays et que les organisations juives, locales et internationales, réagissaient les unes après les autres, bouleversées par l’attentat ayant visé leur communauté.

Le Premier ministre australien Anthony Albanese a dénoncé lundi matin “une attaque ciblée contre les juifs australiens, le premier jour de Hanoukka, qui devrait être un jour de joie, une célébration de la foi, un acte malveillant, antisémite et terroriste qui a frappé le cœur de notre nation”. Hanoukka, la fête juive dite des “lumières”, se tient durant neuf jours en décembre.

Sécurité renforcée à travers le monde

Les personnes tuées dans la fusillade, parmi lesquelles un rabbin, un survivant de l’Holocauste et un ressortissant français, “étaient âgées de 10 à 87 ans”, précise The Los Angeles Times. Le bilan aurait pu être encore plus lourd si un homme de 43 ans – salué comme un héros lundi matin à travers le pays – ne s’était interposé pour arracher son arme à l’un des assaillants.

Voir aussi  clture du 13e Congrs national des femmes Pkin — Chine Informations

“Des millions de personnes ont vu la vidéo montrant un passant désarmant l’un des tireurs”, raconte The Washignton Post. “Les médias locaux l’ont identifié comme étant Ahmed Al Ahmed, un commerçant de 43 ans originaire de Sydney. Ce civil, non armé s’approche discrètement du terroriste par-derrière, se bat avec lui pendant quelques secondes et s’empare de son fusil”, décrit le quotidien. “Le tireur s’éloigne ensuite docilement, visiblement confus et embarrassé”.

Mais si “l’héroïsme et le courage des gens ordinaires révèlent la nature pathétique de chaque terroriste”, cet attentat antisémite démontre surtout “que le fléau de l’antisémitisme est un phénomène mondial”, note le titre américain.

Plusieurs grandes villes à travers le monde, “notamment Berlin, Londres et New York, ont renforcé la sécurité autour des célébrations de Hanoukka dimanche”, relève Ha’Aretz. Et le Conseil national de sécurité israélien a “fortement” conseillé aux citoyens israéliens à l’étranger “d’éviter les rassemblements non sécurisés, que ce soit dans les synagogues, les centres Chabad ou les fêtes de Hanoukka”.

Un attentat « prévisible » ?

Le président américain Donald Trump a dénoncé un acte “purement antisémite”, tandis que l’Union européenne a assuré que “l’Europe se [tenait] aux côtés de l’Australie et des communautés juives partout dans le monde”.

Mais au-delà de ces marques de soutien, “des expressions de colère se sont aussi fait entendre, notamment depuis Israël”, où le ministre des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, “n’a pas hésité à se montrer virulent à l’égard des autorités du pays endeuillé”, souligne Le Soir.

“Cet attentat meurtrier à Sydney était prévisible”, a-t-il déclaré. “Après deux ans de manifestations antisémites dans les rues d’Australie, voilà le résultat. Nous avons alerté le gouvernement australien à maintes reprises”.

“Depuis le massacre commis par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023 et la guerre à Gaza qui a suivi, la communauté juive australienne dénonce une explosion des actes antisémites. Cette tendance est globale mais elle n’est nulle part ailleurs plus préoccupante qu’en Australie”, pointe Le Temps.

Voir aussi  Peut-on empêcher l’inexorable déclin des campagnes chinoises ?

Début décembre, le Conseil exécutif des juifs d’Australie (ECAJ), qui représente toutes les tendances de la communauté juive en Australie, soit environ 120 000 personnes, avait publié ses derniers chiffres alarmants : “D’octobre 2024 à septembre 2025, l’organisation a répertorié plus de 1 600 actes antisémites, cinq fois plus qu’avant 2023”, précise le quotidien suisse.

« Le temps des paroles est révolu »

L’organisation mondiale Chabad-Lubavitch, dont l’antenne locale organisait le rassemblement sur la plage de Bondi Beach – et dont l’un des rabbins est mort dans la fusillade – a exhorté les autorités à prendre “des mesures concrètes et renforcées afin de dissuader et de réprimer les appels à la violence contre les Juifs”.

“Le temps des paroles est révolu”, a reconnu Anthony Albanese, cité par El Mundo. “Nous avons maintenant besoin d’un leadership et d’actions décisives pour éradiquer le fléau de l’antisémitisme de la vie publique australienne, comme le réclame la communauté juive depuis bien longtemps”.

Un avis partagé par The Atlantic, pour qui “il est grand temps” que les dirigeants occidentaux “cessent de répéter” que “la violence antisémite n’a pas sa place dans notre société”, sans pour autant prendre la mesure du fléau.

“Les atrocités qui se succèdent confirment que la violence antisémite occupe une place importante et croissante dans les sociétés occidentales, qu’elle est soutenue par beaucoup, tolérée par un nombre encore plus grand, et souvent minimisée, voire encouragée, par des gouvernements qui craignent d’affronter des factions importantes et militantes au sein de leur population”, écrit le magazine.



Source link

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *