désavoué et “humilié” par la Cour suprême, Trump contre-attaque



La Cour suprême américaine “humilie Trump” sur les droits de douane, assène The Daily Beast. “Rarement une politique présidentielle aussi emblématique aura-t-elle essuyé un revers aussi retentissant”, renchérit The Economist. “Une décision comme un coup de massue”, abonde Le Soir.

Vendredi, la presse internationale était unanime pour qualifier de claque monumentale la décision de la Cour suprême, à majorité conservatrice, d’invalider les droits de douane imposés de façon aussi unilatérale que brutale par Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche.

La majorité des juges – six contre trois – a estimé que le milliardaire ne pouvait imposer de tels droits de douane sans autorisation préalable du Congrès, et encore moins en se réclamant, comme il l’avait fait, d’une loi d’urgence économique votée en 1977.

“Cette décision a fait l’effet d’une bombe”, observe El País. “Non seulement elle précipite la politique économique du gouvernement américain vers l’abîme, mais elle le prive également d’un outil que les républicains utilisaient à leur guise pour remodeler l’ordre mondial à coups de menaces”.

« Idiots » et « chiens chiens »

“Il est difficile de surestimer l’importance de cette décision pour le droit et l’économie”, juge The Wall Street Journal. “Si M. Trump avait obtenu gain de cause, ses successeurs auraient pu utiliser les pouvoirs d’urgence pour contourner le Congrès et imposer des droits de douane en toute impunité”. Pour le quotidien économique conservateur, la Cour suprême a résolument réaffirmé “le principe de séparation des pouvoirs inscrit dans la Constitution”.

Quelques heures à peine après la décision des juges, Donald Trump a convoqué une conférence de presse au cours de laquelle il s’est déchaîné contre la cour, qui s’était jusqu’alors montrée plutôt bienveillante avec le président républicain.

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“J’ai honte pour certains membres de la Cour, totalement honte, parce qu’ils n’ont pas eu le courage de faire ce qui était bon pour notre pays”, a pesté le milliardaire, n’hésitant pas à les traiter d’“idiots”, de “chiens chiens” et de “honte pour leur famille politique”, rapporte The Times.

“Les pays étrangers qui nous saignent depuis des années sont aux anges, ils sont ravis et ils dansent dans les rues. Mais ils ne danseront pas longtemps, je peux vous l’assurer”, a-t-il lancé.

« Cour dur »

De fait, dans l’après-midi, Donald Trump “a signé un décret imposant un nouveau droit de douane mondial ‘temporaire’ de 10 % ”, observe Politico. La Maison-Blanche a expliqué que le président s’appuyait cette fois sur une loi de 1974 sur le commerce, qui l’autorise à imposer des droits de douane allant jusqu’à 15 % pour remédier à un “déficit important et grave de la balance des paiements”.

Cependant, “les droits de douane imposés en vertu de cette disposition ne peuvent rester en vigueur plus de 150 jours, sauf si le Congrès adopte une loi les prolongeant”, précise le site.

Si le milliardaire cherche visiblement à sauver la face, la décision de la Cour suprême n’en porte par moins “un coup dur à son programme économique et sème une nouvelle incertitude sur les marchés mondiaux qui peinent à s’adapter à ses politiques commerciales fluctuantes”, relève The New York Times.

Et elle laisse en outre “planer le doute quant à la possibilité pour les entreprises et les consommateurs américains de récupérer une partie des plus de 200 milliards de dollars de taxes perçues par le gouvernement fédéral depuis le début de l’année dernière”.

La cour a-t-elle « sauvé Trump de lui-même » ?

Même la très conservatrice National Review défend la décision de la cour et s’insurge contre la poussée de fièvre de Donald Trump. “La réaction furieuse et excessive du président – ​​accusant de fait la majorité des juges d’être corrompus par des puissances étrangères et laissant entendre que les démocrates pourraient avoir raison de réclamer l’élargissement de la Cour suprême – était non seulement irresponsable, mais aussi politiquement contre-productive”, écrit-elle.

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Car il pourrait s’aliéner encore plus les juges d’une cour “qui a encore de nombreuses affaires en attente concernant ses pouvoirs et ses initiatives”, note-t-elle.

The Atlantic, un brin ironique, se demande pour sa part si loin de lui faire du tort, la Cour suprême n’aurait pas “agi à temps pour sauver Trump de lui-même”, tant sa politique en matière de taxation était impopulaire – et inefficace, si l’on en croit les chiffres du commerce extérieur américain publiés ces derniers jours.

“Que les juges aient eu ou non l’intention de l’aider, cette Cour suprême généralement favorable à Trump lui a offert une porte de sortie face à l’une de ses politiques intérieures les plus impopulaires”, écrit le magazine. “Acceptera-t-il le cadeau ? Ce serait judicieux, mais humiliant”.



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