Comment la convoitise de Trump pour le Groenland a bouleversé la région arctique



L’article de la semaine

Pourquoi cet article

Cette semaine, nous vous proposons de nous arrêter sur cet article du Financial Times qui analyse la situation géopolitique dans l’Arctique depuis que Donald Trump a annoncé vouloir annexer le Groenland. Même si le président américain a tempéré ses propos le 21 janvier, la région reste au cœur des préoccupations de nombreuses puissances qui cherchent à mettre la main sur ses ressources ou à en contrôler les voies maritimes.

La carte qui accompagne l’article est précieuse pour les élèves qui étudient cette question en première dans le thème sur les frontières, mais aussi en terminale dans le thème sur les nouveaux espaces de conquête.

S’il ne fallait retenir qu’une citation

“La volonté du président américain de faire main basse sur le Groenland a stupéfié les dirigeants européens, qui y voient une agression contre le Danemark, un allié membre de l’Otan.”

Dès son investiture pour son second mandat, Donald Trump a annoncé vouloir bouleverser les équilibres géopolitiques sur tout le continent américain, en revendiquant le canal de Panama et en exigeant que le golfe du Mexique soit renommé “golfe d’Amérique”. Il a aussi déclaré par ailleurs que le Canada et le Groenland avaient vocation à être placés sous domination états-unienne.

Le Groenland est un territoire autonome qui fait partie du Danemark, un pays membre de l’Union européenne et de l’Otan, donc un allié des États-Unis. Les déclarations du président américain ont ainsi été un véritable coup de tonnerre, car elles remettent en question les alliances traditionnelles. Elles ont crispé les pays riverains de l’Arctique, une région jusque-là plutôt préservée des tensions internationales.

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Avec la fonte des glaces, l’Arctique devient un espace convoité tant pour les richesses qu’il renferme, et qui deviennent plus facile à exploiter, que pour le potentiel qu’offrent les nouvelles routes maritimes, comme le montre la carte.

Même si l’accaparement des ressources peut être un moteur de la stratégie américaine, Donald Trump et ses conseillers justifient leur volonté de s’approprier le Groenland en invoquant la sécurité nationale. Ainsi, dans les discours concernant ce territoire, il est souvent question de “défense hémisphérique” (une référence à l’expression Western hemisphere, employée pour désigner l’Amérique dans son ensemble). L’idée serait de sécuriser tout le continent américain, du nord au sud, pour protéger le territoire des États-Unis. Or, pour les conseillers de la Maison-Blanche, “le Groenland est la porte d’entrée de la défense hémisphérique”.

Pourtant, les autres États arctiques occidentaux (Canada, Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède) souhaitent maintenir un statu quo dans cette région, et ils craignent que les ambitions de Trump vis-à-vis du Groenland ne donnent des idées à d’autres puissances comme la Russie ou la Chine.

La Russie souhaite depuis longtemps mettre la main sur l’archipel norvégien du Svalbard et ainsi étendre encore plus sa zone économique exclusive (ZEE). La Chine, elle, regarde avec un grand intérêt les possibilités qu’offrent les nouvelles voies maritimes dans l’Arctique, visibles sur la carte, et qui pourraient réduire de moitié le temps de trajet vers l’Europe.

Même si Donald Trump semble avoir revu ses ambitions à la baisse en proposant un accord de protection du Groenland assez flou, les cartes sont rebattues dans la région. De plus, depuis que la coopération avec la Russie dans le cadre du Conseil de l’Arctique a été suspendue à la suite de l’invasion de l’Ukraine en 2022, les marges de négociation semblent de plus en plus ténues pour les pays riverains.

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Si les Européens veulent éviter une confrontation avec les États-Unis au sujet du Groenland, ils vont devoir arriver à convaincre le locataire de la Maison-Blanche qu’ils peuvent assurer la sécurité de cet espace.

Pour aller plus loin

Pour comprendre les enjeux du revirement américain concernant le Groenland nous vous proposons de consulter les revues de presse suivantes, ainsi que le numéro 1840 de Courrier international, intitulé “Arctique. La bataille a déjà commencé” :

Et ce qu’il ne fallait pas rater non plus cette semaine

Les élèves de terminale qui travaillent le thème relatif aux mémoires peuvent consulter cet article du média libanais Raseef22, qui revient sur les enjeux de la loi algérienne criminalisant la colonisation française adoptée le 22 janvier.



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