Le rappeur indien Dule Rocker, porte-voix de la communauté dalit



Issu de la communauté dalit, auparavant désignée en Inde comme la caste des intouchables, la plus pauvre et opprimée du pays, le jeune Dule a choisi le rap pour dénoncer les conditions de vie de ses pairs. La BBC lui consacre un portrait vidéo.

“Pourquoi les femmes enceintes doivent marcher des kilomètres pieds nus ?”, “Que connais-tu de la faim ?”, “Donnez-nous une réponse”. Dans les paroles de ses chansons, Dule invective les Indiens pour les sensibiliser au sort des dalits. Dalit signifie “opprimé”, et c’est le nom qu’ont choisi pour se désigner ceux qu’on appelait auparavant les intouchables.

Duleshwar Tandi, 27 ans, est originaire d’Orissa, dans l’est du pays. “Il est devenu rappeur pour raconter le calvaire des travailleurs migrants qui sont retournés chez eux à pied pendant le confinement”, relate India Daily.

En effet, lorsque le Premier ministre indien, Narendra Modi, a annoncé, le 24 mars, le confinement de toute la population (1,3 milliard d’habitants), des millions de migrants internes (37 % des habitants des villes) s’étaient retrouvés sans le sou. Affamés, ils ont décidé de rejoindre leur village natal… à pied, tous les transports en commun étant à l’arrêt.

Sous le pseudonyme de Rapper Dule Rocker, le jeune homme a alors commencé à publier sur les réseaux sociaux et sur YouTube des morceaux dénonçant cet événement ainsi que les conditions de vie des travailleurs migrants. Titulaire d’un diplôme de chimie à l’université du district de Kalahandi (dans l’État d’Orissa), il n’a pourtant pas eu d’autre choix que de devenir travailleur migrant, comme il l’explique dans la vidéo que lui consacre la BBC :

“Même si j’étais diplômé, les seuls emplois que je décrochais consistaient à nettoyer les tables dans des restaurants”, explique-t-il. “J’étais déprimé, ma famille espérait que j’aurais un travail décent. […] C’est ce dont parlent mes chansons de rap.”

Duleshwar Tandi “vit avec sa mère dans une minuscule hutte en terre en piteux état”, explique India Today. Depuis que son premier morceau sur les travailleurs migrants est devenu viral, il a reçu de nombreuses propositions, notamment de la part de Bollywood. Mais l’industrie cinématographique ne l’intéresse pas, et il préfère continuer d’écrire et enregistrer lui-même ses morceaux.





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