En Inde, le Kerala prouve qu’un bon gouvernement peut dompter le coronavirus



L’État du Kerala est l’un des premiers foyers de Covid-19 en Inde. Pourtant, avec seulement 447 contaminations – dont 316 guérisons – au 24 avril, il a amorcé le déconfinement de plusieurs régions. Retour sur une gestion de crise exceptionnelle à travers ce reportage du quotidien Mint.
 

Un matin de mars, une habitante du district de Kasaragod, dans le Kerala, a soudain fait une poussée de fièvre, accompagnée de quintes de toux. Son mari venait de rentrer d’un pays du Golfe mais, ayant été testé positif au Covid-19, il avait aussitôt été placé en isolement. Le mari et la femme affirmaient ne pas avoir eu le temps de se revoir, puisque l’un et l’autre étaient en quarantaine. Comment donc l’épouse avait-elle pu être contaminée ?

Voilà qui avait de quoi inquiéter les autorités sanitaires du district : si cette femme avait été infectée par quelqu’un d’autre que son mari, peut-être existait-il une chaîne de transmission locale. Auquel cas, il fallait s’attendre à une catastrophe, d’autant que le système sanitaire de Kasaragod est le plus fragile du Kerala.

La suite des événements apporte toutefois un éclairage édifiant sur la façon dont cet État du sud de l’Inde a mené son offensive contre le virus – en s’attachant aux moindres détails.

La piste des “nouveaux saris”

Six enquêteurs de terrain dirigés par un médecin ont constitué une liste de toutes les personnes avec lesquelles la patiente avait eu des contacts au cours des semaines précédentes, mais ils ne comprenaient toujours pas où ni comment elle avait pu contracter le virus. Ils ont donc confié le dossier détaillé à une vingtaine d’agents de santé intervenant au niveau des quartiers, qui ont pris contact avec les membres de la famille de la “patiente zéro”. Au fil de leurs interrogatoires, il est apparu que la dame avait parlé à tout le monde de ses nouveaux saris. “Nous en avons déduit que, dans la bonne tradition des migrants revenant des pays du Golfe, le mari avait dû lui ramener des cadeaux”, explique l’un des enquêteurs sanitaires, sous couvert de l’anonymat.

En démêlant les indices qu’avaient livrés ces conversations, ils se sont rendu compte que le mari avait effectivement remis une valise à son épouse avant d’entrer en quarantaine. Et, ont-ils conclu, c’était sans doute par l’intermédiaire de cette valise qu’il lui avait transmis le coronavirus.

Si les autorités du district de Kasaragod ont pu élucider le mystère entourant ce cas particulier, cela s’explique probablement par un faisceau de facteurs, dont certains sont peut-être uniques au Kerala. Et ils sont révélateurs de ce que les universitaires appellent le “modèle kéralais de gouvernance”.

“Chasse à l’homme”

À partir du moment où la menace du coronavirus a commencé à poursuivre chaque individu, le gouvernement et la société civile du Kerala en ont fait autant : début mars, lorsque le premier foyer d’infection du pays s’est déclaré sur son territoire, le Kerala a lancé une vaste “chasse à l’homme” médicale

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Nidheesh M.K.

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Fondé en 2007 par HT Media Ltd, l’une des plus importantes sociétés multimédia indiennes, en collaboration avec The Wall Street Journal, le titre est le concurrent direct du plus vieux quotidien économique du pays : The Economic

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