Amnesty International met fin à ses activités en Inde



L’organisation se dit victime d’une chasse aux sorcières instruite à l’encontre des ONG par le gouvernement Modi, lequel brandit le soupçon de blanchiment d’argent pour geler les comptes bancaires des organisations.

En raison des “représailles” exercées en Inde à l’encontre des organisations non gouvernementales bénéficiant de ressources financières étrangères, Amnesty International a annoncé mardi 29 septembre “la fermeture” de ses derniers locaux dans le sous-continent et le licenciement de 150 salariés.

“Après huit années d’activité efficace dans la lutte contre les violations des droits humains”, indique The Wire, l’ONG a décidé “de mettre fin à ses opérations dans le pays”, après avoir déjà réduit sa voilure ces dernières années, en raison “du contexte d’hostilité croissante et de la répression des libertés individuelles menées par le gouvernement” Modi.

À la demande du Central Bureau of Investigation, équivalent indien du FBI américain, l’agence Enforcement Directorate, chargée de faire appliquer les lois économiques et de lutter contre la criminalité économique, a récemment “gelé les comptes bancaires” d’Amnesty International India en raison d’un soupçon de “blanchiment d’argent”.

Une décision qui a, de facto, “mis fin à l’essentiel du travail” de l’organisation de défense des droits de l’homme, dénonce l’intéressée, qui s’insurge contre “la dernière en date des chasses aux sorcières incessantes” que le gouvernement indien conduit contre les ONG au nom “d’allégations non fondées et non motivées”.

Comportements “séditieux”

Ces cinq dernières années, Amnesty International avait travaillé “sur cinq projets cruciaux”, rappelle The Wire : “Les entreprises et les droits de l’homme, les personnes à risque, la violence sexiste, l’éducation aux droits de l’homme et l’accès à la justice au Jammu-et-Cachemire.”

L’organisation avait, en outre, “soulevé de temps à autre des questions sur des violations des droits de l’homme” en Inde, et tout récemment publié “deux rapports exhaustifs sur la situation au Jammu-et-Cachemire et sur les émeutes [antimusulmanes de février 2020] dans le nord-est de Delhi”, lors desquelles la complicité de la police avait été selon elle avérée.

Depuis quatre ans déjà, Amnesty International subissait des pressions des autorités indiennes, avec l’ouverture d’enquêtes judiciaires et des perquisitions au motif, notamment, que l’ONG encourageait des comportements “séditieux” punis par une loi remontant à l’Empire des Indes britanniques.

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Lancé en mai 2015 mai par Siddharth Varadarajan, ex-rédacteur en chef du quotidien The Hindu et Sidharth Bhatia, cofondateur du quotidien Daily News and Analysis (à Bombay en 2005), le site The Wire traite des grands

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