Trump, mécontent des négociations avec l’Iran, n’exclut toujours pas une intervention militaire



Donald Trump a déclaré, vendredi 27 février, qu’il n’était “pas content” de “l’état des négociations avec l’Iran sur le nucléaire, tout en précisant qu’il n’avait pas encore pris de décision définitive quant à l’opportunité d’un second conflit militaire américain en Iran en moins d’un an”, résume The New York Times.

“Je ne suis pas content qu’ils refusent de nous accorder ce dont nous avons besoin”, a déclaré M. Trump à la presse à Washington, “faisant référence aux exigences américaines concernant le démantèlement du programme nucléaire iranien”, précise le quotidien américain. Il a ajouté qu’il “préférerait éviter le recours à la force”, mais que “parfois, on n’a pas le choix”.

Ces déclarations interviennent au lendemain d’une troisième session de pourparlers à Genève, au terme de laquelle la délégation iranienne avait salué “de nouveaux progrès”.

Vendredi, le ministre omanais des Affaires étrangères Badr Albusaidi, médiateur dans les discussions, a lui aussi affirmé qu’Américains et Iraniens avaient réalisé à Genève des “progrès substantiels” et qu’un “accord de paix [était] à notre portée”.

Plus de stockage d’uranium enrichi

Dans un entretien à CBSNews, il a précisé que l’Iran s’était engagé à ne “jamais, au grand jamais, posséder de matières nucléaires permettant de fabriquer une bombe”, ce qu’il a qualifié de “grande réussite”. Il a en outre assuré que Téhéran avait accepté de ne pas stocker d’uranium enrichi.

“C’est quelque chose de complètement nouveau, qui rend vraiment l’argument de l’enrichissement moins pertinent, parce que désormais nous parlons de l’absence de stockage”, a-t-il avancé. Mais Donald Trump reste inflexible : la condition sine qua non pour parvenir à un accord est que Téhéran renonce à toute forme d’enrichissement d’uranium.

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« Humiliation nationale »

À Téhéran pourtant, “les tenants de la ligne dure du régime ont averti à maintes reprises que renoncer à l’enrichissement d’uranium équivaudrait à une humiliation nationale”, note CNN.

“Si l’Iran abandonnait totalement l’enrichissement, les tenants de la ligne dure le présenteraient probablement comme une capitulation, surtout si l’allègement des sanctions était limité”, déclare à la chaîne Sanam Vakil, directrice du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord au sein du groupe de réflexion Chatham House à Londres.

Selon elle, “le régime pourrait survivre à un compromis sur son programme nucléaire qui n’implique pas l’abandon de l’enrichissement”, mais seulement “s’il apporte des avantages économiques ou stratégiques clairs”.

Pour la chaîne américaine, citant des experts, “Téhéran mise sur l’aversion de Trump pour la guerre, considérant son déploiement militaire régional comme une tentative d’obtenir un moyen de pression, plutôt que comme un prélude à une attaque”.

Un déploiement aérien et maritime –​ “​le plus important depuis l’invasion de l’Irak en 2003” – qui s’est poursuivi vendredi, rapporte The Washington Post, notant “l’arrivée d’une douzaine d’avions ravitailleurs à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, après le positionnement de chasseurs F-22 sur une base du sud d’Israël”.

« Le fossé continue de se creuser »

“En somme, malgré la volonté affichée d’aboutir à un accord et les atmosphères positives diffusées, le fossé continue de se creuser”, constate L’Orient-Le Jour. “Chaque fois qu’un accord est trouvé sur les principes généraux, des détails surgissent pour entraver le processus”, déclare un diplomate occidental au quotidien libanais.

Selon ce diplomate, Israël s’emploierait à présent “à convaincre les États-Unis de frapper rapidement, estimant que l’Iran cherche à gagner du temps, par la multiplication des propositions et des atermoiements, pour éloigner la menace militaire”.

L’inquiétude face à la perspective de frappes américaines contre l’Iran “a conduit plusieurs pays à adresser des avertissements à leurs ressortissants dans la région vendredi”, observe pour sa part la BBC. “Le Royaume-Uni a temporairement rappelé son personnel de son ambassade à Téhéran et a mis à jour ses conseils aux voyageurs, déconseillant tout voyage non essentiel en Israël”.

Des pays comme les États-Unis, la Chine, l’Inde et le Canada “ont exhorté leurs citoyens à quitter l’Iran au plus vite”, tandis que la France et l’Allemagne ont déconseillé tout voyage non essentiel en Israël, précise le diffuseur britannique.

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