Partout dans le monde, des langues sont menacées d’extinction



Cette infographie est une partie de celle parue dans l’édition datée du 20 février de Die Zeit. L’hebdomadaire de Hambourg consacre chaque semaine une page de son édition papier à un sujet traité de manière visuelle. Celle-ci est consacrée aux nombreuses langues parlées dans le monde et dont plus de la moitié sont menacées. Quelque 1 500 pourraient même disparaître d’ici à la fin du siècle.

Cette extinction linguistique n’est pas nouvelle. Ses causes sont multiples et elles varient à travers les époques. Le journal allemand en a recensé les principales : il y a des gouvernements qui interdisent les langues des minorités, des systèmes éducatifs nationaux qui imposent le monolinguisme ou encore des internats dans lesquels les enfants des minorités ethniques sont dépossédés de leur langue maternelle.

Des facteurs socio-économiques aussi poussent à l’abandon des langues. Les exodes et les déplacements de populations – qu’ils soient volontaires, forcés, au nom de grands projets d’infrastructure comme les barrages, ou contraints par les conditions climatiques, comme les sécheresses, qui entraînent des famines, ou encore par des catastrophes naturelles, telles que les séismes et les éruptions volcaniques – s’accompagnent d’effacements linguistiques.

Enfin, des épidémies, comme la rougeole ou la variole, peuvent décimer des communautés linguistiques entières.

122 consonnes ou système à 27 chiffres

Pour cette représentation, les langues qui ne sont pas menacées d’extinction n’ont pas été prises en compte. Par ailleurs, l’Asie et l’Europe y ont été réunies en raison de leur parenté linguistique.

C’est bien sur le continent africain que l’on dénombre le plus de langues parlées. Mais avec 2 121 langues l’Océanie se situe juste derrière. Problème : elles y sont nettement plus menacées. Au total 61 % d’entre elles sont au mieux vulnérables, au pire en situation critique, sans parler de celles qui ont déjà disparu. Et sur les 359 langues recensées en Australie naguère, 227 ne sont plus du tout parlées, faute de locuteurs.

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Dans sa version intégrale, l’infographie permet d’aller à la rencontre de cinq langues peu connues, réparties sur chacun des continents. Par exemple, le taa oriental, parlé en Afrique, comporte 122 consonnes, dont de nombreux clics. Cette langue compte plus de 30 mots pour désigner les odeurs, et certains sont aussi abstraits que les notions de couleurs dans les langues européennes.

Du côté de l’Eurasie, l’artchi détient le record mondial de la complexité verbale : avec sa myriade de nuances (temporelles ou personnelles), un seul verbe peut en théorie prendre plus de 1,5 million de formes différentes. En Océanie, l’oksapmin utilise un système de numération étendu, dont la base n’est pas de 10 chiffres mais 27. Pour compter, en plus des doigts, on utilise d’autres parties du corps comme le nez, les oreilles ou les bras.

En Amérique du Sud, les locuteurs du cha’palaa expriment dans presque chaque phrase un marqueur grammatical d’évidentialité, qui renseigne sur la provenance de l’information : l’ont-ils vue directement ou seulement entendue ? Tandis qu’au nord du continent le cayuga est une langue polysynthétique, comme la majorité des langues autochtones de la région. Les locuteurs peuvent former des mots si complexes qu’il faut une phrase entière pour les traduire.

Des liens vers les sources utilisées pour établir cette représentation graphique, sont disponibles sur le site de Die Zeit.



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