Marco Rubio poursuit sa tournée européenne en Slovaquie et en Hongrie, alliés proches de Donald Trump
Au lendemain de son discours à Munich, où il a appelé les Européens à “adopter la vision” de Donald Trump, observe Radio-Canada, Marco Rubio a poursuivi sa tournée en Europe en se rendant dans deux pays dirigés par des proches de Donald Trump : la Slovaquie puis la Hongrie.
D’abord à Bratislava “pour une visite éclair de quelques heures”, Marco Rubio a rencontré le Premier ministre slovaque Robert Fico. Selon l’hebdomadaire slovaque Tyzden, les discussions ont surtout porté sur “la coopération nucléaire, l’approvisionnement en pétrole et en gaz de la Slovaquie, le conflit en Ukraine et l’OTAN”.
Une europe “forte”
Lors de la conférence de presse, Rubio a réaffirmé que les États-Unis ne veulent pas d’une Europe “dépendante” ni d’un “vassal”, mais d’un véritable “partenaire”, rapporte Tyzden. Dans un discours prononcé samedi devant la Conférence sur la sécurité à Munich, il avait appelé une Europe “forte” à se ranger derrière la vision du président américain quant à l’ordre mondial.
Interrogé sur l’enquête menée par cinq pays européens (l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Suède) sur la mort de l’opposant russe Alexeï Navalny, provoquée par un poison extrait de grenouilles dendrobates d’Amérique latine, Marco Rubio a estimé que c’était “un rapport inquiétant” mais qu’il n’avait “aucune raison de le remettre en question”.
Cela survient, contextualise la chaîne proche du parti démocrate MS NOW, alors que le Sénat américain s’apprête à soutenir, contre l’avis de l’administration Trump, “un projet de loi visant à imposer de nouvelles sanctions de grande ampleur” à la Russie.
Coopération nucléaire
En ce qui concerne l’OTAN, Radio Free Europe/Radio Liberty estime que le secrétaire d’État américain a “balayé d’un revers de main les inquiétudes suscitées par les récents ajustements” des troupes américaines en Europe − “qui oscille généralement entre 80 000 et 100 000” rappelle cette radio américaine émettant depuis l’Europe de l’est.
“Nous ne quittons pas l’OTAN. Nous ne partons pas… Nous pourrions déplacer quelques milliers de soldats d’un pays à l’autre, mais cela a toujours été le cas”, a rassuré Marco Rubio, minimisant les spéculations selon lesquelles ces redéploiements annonceraient un changement plus profond.
De son côté, Robert Fico a confirmé son intérêt pour une coopération avec la société américaine Westinghouse concernant la construction par d’une nouvelle centrale nucléaire en Slovaquie. Il a également proposé de renforcer la coopération entre Washington et le groupe de Visegrád (formé après la fin de la guerre froide par la Slovaquie, la République tchèque, la Hongrie et la Pologne). Enfin, il a réaffirmé son intérêt pour l’achat de quatre avions de chasse F-16 supplémentaire (portant leur total à 18).
Orban en difficulté
Le secrétaire d’État américain s’est ensuite envolé pour Budapest afin de s’entretenir avec un autre de ses alliés européen : Viktor Orban, qualifié par Donald Trump d’ “homme fort et puissant”. C’est qu’à deux mois des élections législatives prévues le 12 avril, le Premier ministre hongrois fait, selon Le Soir, face à son “défi le plus difficile depuis son retour au pouvoir en 2010”, son parti Fidesz étant devancé par le parti d’opposition TISZA dans les sondages indépendants.
Dans un discours samedi, Orban s’est engagé à poursuivre son offensive contre les “pseudo-organisations civiles, les journalistes, les juges et les politiciens achetés”. Une stratégie “pas loin de ce qu’entreprend Donald Trump aux États-Unis”, note le quotidien belge.
Outre le “Conseil de paix” de Donald Trump, qu’Orban compte rejoindre la semaine prochaine à Washington pour son inauguration, la discussion devrait porter sur les “questions d’énergie”, a prévenu le département d’État avant la visite de son chef. La Hongrie avait obtenu, lors d’une visite de son Premier ministre à la Maison-Blanche l’année dernière, une exemption de sanctions américaines sur les importations de pétrole et de gaz russes dont elle est “fortement dépendante”, rappelle Le Soir.