Le président Karol Nawrocki au pèlerinage des Ultras polonais

“Karol Nawrocki a pris la parole avec enthousiasme”, souligne la Gazeta Wyborcza. Le président polonais s’adressait à une foule de supporters de football à la basilique de Jasna Gora à Czestochowa, là où se trouve la Madone Noire, un symbole de l’identité polonaise.
“Vous savez que je suis l’un d’entre vous”, a rappelé celui qui a été plus jeune un Ultra du club Lechia Gdańsk. “C’est la première fois en dix-huit ans qu’un président de la république a participé” à ce pèlerinage qui regroupe chaque année des supporters – même rivaux – de tout le pays, précise la Gazeta Wyborcza.
“Les stades n’ont pas été affectés par la propagande et les modes idéologiques temporaires. […] Nous avons réussi à défendre ce slogan, dont nous nous souvenons : Dieu, Honneur et Patrie. Oui, nous voulons que la Pologne soit normale, forte, sûre, que nos frontières soient sûres, qu’il soit un État-providence sans immigrants illégaux. Nous avons réussi à gagner ensemble le 1er juin, également grâce à votre courage”, a affirmé le président conservateur et nationaliste, élu l’an dernier.
Mélange des genres ?
Il a reçu de la part des supporters une écharpe de la part des supporters. Signe de “son lien fort avec la communauté d’où il vient”, commente Polityka. Sa participation dans sa nouvelle fonction – il avait déjà fait ce pèlerinage plusieurs fois, y compris en tant que candidat – est également interprétée par l’hebdomadaire comme la preuve pour les supporters que “leur voix et leurs valeurs sont entendues et représentées au plus haut niveau du gouvernement”.
Mais Fakt rapporte les propos du prêtre Adam Boniecki, l’une des figures religieuses du pays. Il rejette la politisation du pèlerinage avec la présence du chef de l’État. “La politique ne devrait pas intercéder avec l’Église, c’est une mauvaise solution. Nous avons constaté à plusieurs reprises qu’une telle connexion ne sert pas l’Église et sa véritable mission. La tâche de l’église est d’unir, pas de diviser, et elle devrait se tenir au-dessus de la politique”, estime-t-il.