Laissons à l’art le pouvoir de nous transformer

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L’hiver dernier, par un après-midi pluvieux, blottie sous une couverture avec une tasse de thé, j’étais occupée à chercher sur Google des tableaux de Chaïm Soutine [1893-1943]. Un passe-temps auquel je m’adonne depuis que j’ai visité une exposition de ses portraits du personnel d’un hôtel sur la Côte d’Azur, réalisés dans les années 1920 – des tableaux qui offrent un tel mélange de tendresse et d’avilissement que l’on a l’impression que son pinceau embrasse et frappe ses modèles à la fois.

Je parcourais des images de cuisiniers et de grooms d’une innocence désespérante, au teint de saucisse crue et dont les oreilles donnaient l’impression que l’on venait de les tirer sans merci. Et, ce faisant, je suis tombée sur une critique de cette même exposition qui m’avait fait découvrir les œuvres de Soutine. Ah, me suis-je dit, impatiente de me régaler de la littérature sur son talent particulier pour le sadisme gentil.

Mais mon projet de me laisser emporter par le fleuve des rêves tordus de Soutine s’est brusquement interrompu. Car, au fil de ma lecture, j’ai pris conscience que les émotions contradictoires et la complexe brutalité morale qui confèrent tout leur pouvoir de fascination à ses tableaux avaient été totalement gommées. Pour être remplacées par la vision aseptisée d’un peintr

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The Guardian (Londres)

L’indépendance et la qualité caractérisent ce titre né en 1821, qui compte dans ses rangs certains des chroniqueurs les plus respectés du pays. De centre gauche, proeuropéen, The Guardian est le journal de référence de l’intelligentsia, des enseignants et des syndicalistes.

Contrairement aux autres quotidiens de référence britanniques, le journal a fait le choix d’un site en accès libre. Il est passé au format tabloïd en 2018. Cette décision s’inscrivait dans une logique de réduction des coûts, alors que The Guardian perdait de l’argent sans discontinuer depuis vingt ans. Une stratégie payante : en mai 2019, la directrice de la rédaction, Katharine Viner, a annoncé que le journal était bénéficiaire, une première depuis 1998.

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