J’ai planifié mes vacances à Madagascar avec l’IA

“En juin, Madagascar est en plein hiver austral. Nosy Be [dans le nord-ouest], l’île des geckos, des grenouilles et des lémuriens, est la destination touristique la plus importante du pays. Sa chaleur est agréable et sèche. Ses plages sont idylliques.”
L’application ChatGPT a définitivement convaincu Susana Ferrer Marimón, journaliste pour le quotidien espagnol El Mundo : cet été, elle se rendra dans ce petit paradis situé au large de la côte sud-est de l’Afrique. Et comme “s’appuyer sur l’intelligence artificielle, c’est quelque chose que nous faisons tous plus ou moins”, quoi de mieux qu’un “fidèle chatbot pour créer un itinéraire sur mesure” ?
Malgré les premiers renseignements fournis par ChatGPT, Susana Ferrer Marimón bascule vers un outil IA spécialisé dans les voyages − GuideGeek, en l’occurrence, mais il y a aussi Layla, Wonderplan, Mindtrip… La raison d’être de ces applications “est quasiment la même : organiser son voyage en un temps record”. La journaliste précise que “fournir à l’IA la bonne question ou la bonne commande est la garantie d’un bon résultat”.
“Doutes” et “défaillances”
Première étape, “choisir les dates”. L’assistant IA a tranché : ce ne sera pas pour juin, mais pour septembre, période idéale pour “apercevoir” des bébés lémuriens, sans trop de touristes, ni de fortes chaleurs.
“Je veux que tu agisses comme un expert en planification de voyage, écrit ensuite Susana Ferrer Marimón sur l’application. Je recherche un voyage de sept jours à Madagascar. En solo, avec un mélange de nature, d’aventure modérée et de détente. Je souhaite visiter des parcs naturels comme Andasibe [dans la partie est de l’île] et des plages comme celles de Nosy Be. L’itinéraire doit inclure des activités chaque jour, des recommandations de transport interne, des suggestions d’hébergements et des conseils pratiques.”
Très vite, “les informations commencent à pleuvoir”, et avec elles les premiers “doutes” et “défaillances”. La logistique ne semble pas très fiable, note la journaliste, et certains éléments − “visas, vaccinations…” − n’ont pas été pris en compte. Par ailleurs, prévient Jorge Calvo, ingénieur informatique interrogé par El Mundo, “il est tout à fait possible que certains systèmes présentent des biais, que des entreprises cherchent à tirer profit des recommandations des logiciels intelligents”.
En résumé, pour programmer son “voyage futuriste”, l’IA peut servir de “point de départ”, conclut Susana Ferrer Marimón. Néanmoins, elle “ne peut pas tout gérer”. Mieux vaut vérifier les informations auprès d’un “humain”.