De Colombo à Katmandou, la jeunesse en révolte embrase l’Asie du Sud

Le portail de fer gronde comme un roulement de tambour sous les assauts de la foule. Une marée humaine s’abat sur les barrages policiers, qui semblaient garder le pouvoir comme des sentinelles. Bientôt, des milliers de pas résonnent en écho dans les grandes salles de la résidence du dirigeant. Le luxueux édifice, symbole d’une autorité écrasante, impénétrable, inaccessible, a fini, pendant quelques brefs instants, par appartenir au peuple.
C’est le Népal en ce mois de septembre 2025. Mais c’était aussi le Sri Lanka en 2022 et le Bangladesh en 2024. Face à la vague de mouvements de contestation guidés par la jeunesse qui ont renversé un gouvernement après l’autre en Asie du Sud, une question se pose : la région la plus peuplée du monde devient-elle l’épicentre des révolutions de la génération Z ?
“C’est tout à fait frappant. Il s’agit d’un nouveau type de politique de l’instabilité”, répond Paul Staniland, professeur de sciences politiques à l’université de Chicago, dont les recherches portent sur la violence politique en Asie du Sud.
Katmandou année zéro
Chacun de ces mouvements de protestation – au Sri Lanka, au Bangladesh et au Népal – a sa propre histoire. Mais les colères qui ont explosé ont un point commun : une génération nouvelle refuse de s’accommoder des vieilles promes