À Hong Kong, les autorités reportent les élections d’un an en invoquant le Covid-19



L’annonce survient alors que l’épidémie reprend de plus belle dans la région administrative spéciale. Toutefois, plus tôt dans la semaine, les candidatures des principaux candidats de l’opposition avaient été rejetées. Pour ces derniers, le report des législatives relève d’une décision plus politique que sanitaire.

L’annonce a été faite vendredi 31 juillet par Carrie Lam, la chef de l’exécutif hongkongais. Prévues le 6 septembre 2020, les élections législatives dans la région administrative spéciale (RAS) de la République populaire de Chine sont reportées d’un an, au 5 septembre 2021.

“J’annonce aujourd’hui la décision la plus difficile de ces sept derniers mois [le début de l’épidémie], qui est de reporter les élections au Conseil législatif [le LegCo, le Parlement local]”, a-t-elle déclaré, justifiant sa décision par la hausse du nombre de cas de Covid-19 dans l’ancien territoire britannique, où 4,4 millions de personnes figurent sur les listes électorales, rapporte le South China Morning Post (SCMP).

Des millions d’électeurs se rendront aux urnes le même jour. Le risque de contamination serait très élevé. […] Le risque épidémique lié à des foyers infectieux locaux augmente de jour en jour.”

Défendant une décision “légale” et indiquant recourir à une loi de 1922 lui conférant des pouvoirs d’urgence, Carrie Lam a aussi indiqué avoir le soutien du pouvoir central à Pékin. “Ce n’est aucunement une décision motivée par des considérations politiques​”, a-t-elle assuré, alors que la colère du camp prodémocratie gronde depuis l’instauration de la loi sur la sécurité nationale, permettant notamment des extraditions vers la Chine continentale.

Aux États-Unis, le Washington Post évoque un choix qui “érode les libertés politiques” :

Peu convaincus, les responsables politiques de l’opposition et les observateurs affirment que l’annonce vise à mettre toutes les chances politiques du côté de ceux qui soutiennent le Parti communiste chinois, ajoutant par ailleurs qu’elle étouffe toute forme d’opposition, même modérée, à Hong Kong. […] Des analystes ont également indiqué que le gouvernement hongkongais aurait pu reporter les élections de quelques mois seulement et mettre en place un dispositif de vote par correspondance ou par voie électronique. D’autres institutions publiques, notamment les tribunaux qui jugent actuellement des milliers de personnes arrêtées lors des manifestations prodémocratie, continuent de fonctionner normalement.”

Ce report pose par ailleurs “une série de questions juridiques […], notamment l’éventuelle prolongation des sessions du Conseil, pour combien de temps, et le maintien d’élus disqualifiés”, note également le SCMP. Une série de questions à laquelle devra répondre l’Assemblée nationale populaire de Chine, saisie par le gouvernement central chinois à la demande de Carrie Lam. 





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